Opinion
Libre-Opinion - Le Québec respire mieux
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Aujourd'hui, nous soulignons la Journée mondiale sans tabac. Un peu partout sur la planète, une kyrielle d'activités sont organisées pour rappeler les avantages de se libérer de l'emprise du tabac, que ce soit à titre individuel ou comme société. Au Québec, le 31 mai 2006 est d'autant plus spécial puisqu'il marque aussi l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions législatives sur l'usage du tabac dans les endroits publics.
Les effets du tabagisme sur la santé sont bien documentés. L'usage des produits du tabac est notamment associé aux maladies cardiovasculaires et au cancer, devenu, il y a quelques années, la première cause de mortalité au Québec. Au cours de cette année, 2500 femmes et 3500 hommes mourront du cancer du poumon et 7100 nouveaux cas seront diagnostiqués.
Même quand il ne tue pas, le tabagisme entraîne une détérioration de l'état de santé général et de la qualité de vie. En outre, il a été clairement établi que ces conséquences néfastes atteignent aussi les fumeurs «involontaires», ceux qui sont exposés à la fumée secondaire de tabac dans leur environnement. Le témoignage d'Heather Crowe, décédée il y a quelques jours d'un cancer du poumon provoqué par l'inhalation de fumée de tabac dans son milieu de travail, est à cet égard très éloquent.
C'est donc essentiellement pour des raisons de santé publique que le Québec préconise à son tour une interdiction de fumer à peu près complète dans les endroits publics, y compris les restaurants, les bars, les brasseries, les tavernes et les salles de bingo.
Protéger les jeunes
D'autres modifications à la Loi sur le tabac votées l'an dernier, notamment en matière de vente, de promotion et de publicité des produits du tabac, visent à protéger les jeunes afin d'éviter qu'ils ne deviennent des fumeurs d'habitude. La réduction du taux de tabagisme au sein de la société québécoise passe à la fois par une diminution du nombre de nouveaux fumeurs et par une rupture avec le tabagisme de la part de ceux qui fument déjà.
Je formule d'ailleurs le souhait que le nouveau contexte social entourant l'usage du tabac puisse mener bon nombre de fumeurs à réduire leur consommation ou, mieux encore, à prendre la décision d'arrêter de fumer. S'ils sont prêts à entreprendre cette démarche, ils peuvent notamment compter sur l'aide fournie par 150 centres d'abandon du tabagisme, établis partout au Québec.
Je sais que les changements qui entrent en vigueur aujourd'hui présentent des défis importants pour les fumeurs ainsi que pour les établissements qu'ils fréquentent. Je suis toutefois convaincu que, même chez les adeptes du tabac, une majorité comprend le bien-fondé de notre loi.
Je mise pour ma part sur une large adhésion aux nouvelles règles entourant l'usage du tabac dans les lieux publics. Il faut que le recours à l'intervention d'autorité et aux dispositions pénales demeure exceptionnel. Cela dit, il reste que notre Loi sur le tabac ne doit pas être perçue comme un simple énoncé de principe: elle doit s'appliquer en tout point et sans réserve.
Au plus fort de la vogue du tabagisme, il y a trois ou quatre décennies, presque 50 % des Québécois de 15 ans et plus fumaient. En 1998, cette proportion était de un sur trois et elle a aujourd'hui diminué à environ un sur quatre. C'est un progrès, oui, mais un progrès insuffisant. Nous visons pour 2012 une cible de 18 %, et sans doute voudrons-nous alors aller encore plus loin.
Les succès des dernières années dans la lutte contre le tabagisme ainsi que la mise en vigueur ordonnée des nouvelles dispositions législatives s'expliquent par une action concertée de la part de partenaires de tous les milieux. Je les remercie chaleureusement pour leur travail de sensibilisation et pour leur appui, qui contribueront à améliorer la santé et le bien-être des Québécois.
Aujourd'hui, le Québec respire mieux. C'est le choix que les Québécois ont fait pour leur mieux-être.

