L'État doit soutenir ses enseignants, dit le PQ
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Le Parti québécois accuse le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, d'être désinvolte devant la situation très délicate qui s'annonce pour la rentrée scolaire de septembre.
Or, plusieurs de ces nouveaux enseignants n'auront pas la formation nécessaire en pédagogie parce que le ministre a assoupli les règles d'embauche afin d'éviter une pénurie.
L'opposition demande au gouvernement de prévoir un soutien adéquat pour ces nouveaux enseignants et de suspendre l'application de l'enseignement en anglais dès la première année.
Le porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation, Camil Bouchard, a indiqué hier qu'il faudrait ajouter 660 professeurs d'anglais pour étendre l'enseignement de cette matière en première et deuxième année alors qu'il en manque déjà plus de 140 dans le réseau et que les universités n'en diplôment que 200 par année.
«Si les ressources ne sont pas au rendez-vous, il y a de quoi se préoccuper, a souligné M. Bouchard. Il y a des gens qui sont inquiets. Ils nous disent: "est-ce que nos enfants seront placés devant une vidéo durant 30 minutes par semaine avec un adulte qui va les accompagner dans l'écoute de la vidéo".»
M. Bouchard reproche au ministre Fournier de concentrer toute l'attention sur la question des bulletins parce qu'il s'agit d'un sujet politiquement rentable, tout en faisant preuve de négligence devant la question très sérieuse de la qualité du personnel enseignant qui fera son entrée en septembre.
«C'est bien beau les bulletins. Ça préoccupe les parents, puis je comprends que le ministre, politiquement, s'intéresse aux bulletins. Politiquement, c'est très habile, mais il y a d'autres choses. Puis le soutien aux enseignants et aux enseignantes, c'est primordial dans les circonstances», a ajouté M. Bouchard.
Il a fait valoir que les besoins à combler en 2006 étaient connus depuis au moins trois ans et estime que la situation actuelle est le résultat de l'inaction et du manque de planification du gouvernement Charest qui met ainsi en péril non seulement la réforme de l'éducation, mais aussi son propre projet d'enseigner l'anglais dès la première année.
«Si on veut que ce soit un succès cette opération-là, et j'imagine que le gouvernement le veut, eh bien, il faut qu'il prenne les moyens. Et ce n'est peut-être pas la précipitation qui est la meilleure conseillère dans le domaine», a précisé M. Bouchard.

