Le laboratoire scolaire
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J'ai appris, en lisant dans ce journal la lettre d'une pédagogue outrée par les critiques dont fait l'objet sa profession, que les élèves n'étaient plus des élèves mais des «apprenants». Vérification faite, ce mot n'existe pas dans le dictionnaire dont je dispose, ce qui me laisse entendre que trop souvent, au Québec, les enfants ont été considérés comme des constructions abstraites, des entités théoriques, des inconnues dans des équations complexes. Cela me laisse entendre aussi que, pour beaucoup de pédagogues québécois, le mot «élève» constitue un terme politiquement incorrect puisqu'il implique une notion d'infériorité et de dépendance par rapport au maître. Et c'est en partie là que réside toute l'absurdité de la réforme scolaire que des théoriciens remplis de bonnes intentions appliquent à une réalité qui refuse et est incapable de se glisser dans leur corset théorique.
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