Le Soudan autorise une visite de l'ONU au Darfour
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Khartoum -- Le Soudan a donné son feu vert à la visite d'une équipe conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, en proie à un conflit meurtrier, afin de préparer une éventuelle mission de maintien de la paix des Casques bleus, a déclaré hier un envoyé des Nations unies.
«Elle se rendra ensuite au Darfour pour estimer les besoins supplémentaires de l'Amis [Mission de l'UA au Soudan], qui doit immédiatement être renforcée puisqu'elle aura la responsabilité initiale de favoriser l'application de l'accord de paix» signé le 5 mai entre le principal groupe armé, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), et Khartoum à Abuja, a poursuivi M. Brahimi.
Transition
Le diplomate a ajouté que les mouvements rebelles qui ne signeront pas l'accord de paix «auront une lourde responsabilité», en référence au Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et à la faction minoritaire du Mouvement de libération du Soudan, qui ont refusé de signer l'accord.
«La mission doit également évaluer tous les besoins en vue d'une possible transition de l'UA à l'ONU», a-t-il ajouté.
M. Brahimi est arrivé mardi à Khartoum, accompagné de Hedi Annabi, sous-secrétaire général pour les opérations de maintien de la paix.
De son côté, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol Ajawin, cité par l'agence Suna, a souligné que l'UA devait contribuer à ébaucher le rôle des Nations unies puisque c'est l'UA «qui surveillera la mise en oeuvre de l'accord» de paix.
Actuellement, 7000 hommes de l'UA sont présents au Darfour. Les pressions occidentales se sont accentuées pour une transition vers l'ONU après la signature du traité de paix.
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait appelé mardi le président soudanais à autoriser une équipe technique de l'ONU au Darfour, déclarant qu'il «espérait voir la mission d'évaluation de l'ONU déployée le plus tôt possible».
Khartoum a soufflé le chaud et le froid à propos du déploiement d'une force onusienne, le refusant d'abord catégoriquement avant de laisser entendre qu'il pourrait se montrer plus flexible.
«L'ONU n'envahira pas le Darfour. La transition dépend d'un accord avec le gouvernement du Soudan», a assuré M. Brahimi. «Si le gouvernement donne son accord, nous prendrons les dispositions pour une force de maintien de la paix. Elles pourront inclure l'expansion de la mission de l'ONU dans le Sud-Soudan», a ajouté le diplomate.
À New York, le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a salué la décision du Soudan, estimant qu'elle représentait «un pas important dans le processus d'organisation d'une éventuelle prise de relais» au Darfour.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 16 mai une résolution en vertu du chapitre VII de sa charte, réclamant l'application rapide de l'accord de paix d'Abuja (Nigeria) et «l'envoi sur place dans un délai d'une semaine d'une mission technique conjointe UA-ONU».
Les résolutions passées en vertu du chapitre VII sont contraignantes et ouvrent la porte à des sanctions.
Le Darfour, province de l'ouest du Soudan, est déchiré depuis plus de trois ans par une guerre civile qui a fait quelque 300 000 morts et 2,4 millions de sans-abri.

