Égypte - Journée de protestation pour les magistrats

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AFP
Édition du vendredi 26 mai 2006

Mots clés : manifestation

Le Caire -- Les magistrats égyptiens ont observé hier une nouvelle journée d'action pour réclamer l'indépendance de la justice et une transparence totale des scrutins électoraux, à l'occasion du premier anniversaire d'un référendum qui a été marqué par des violences.

Environ 500 juges, partis du siège de leur syndicat, ont marché quelques dizaines de mètres en silence vers la Haute Cour, où 300 manifestants étaient rassemblés, entourés de nombreux membres des forces de la police antiémeute.

Debout sous un immense drapeau égyptien, certains portaient l'écharpe des juges et agitaient les mains en faisant le V de la victoire.

Plusieurs dizaines de membres d'organisations de la société civile se tenaient derrière eux en silence. Ils arboraient une pancarte sur laquelle on pouvait lire: «Délégation des organisations des droits de l'homme, solidarité avec les juges».

«Nous sommes ici pour soutenir les demandes des juges. Nous voulons réformer la loi judiciaire, nous voulons une véritable supervision des scrutins et une enquête sur ce qui s'est passé lors des élections de l'an dernier», a déclaré à l'AFP Ahmed Mekki, vice-président de la Cour de cassation.

«Nous voulons la libération de tous ceux qui ont été détenus pour avoir soutenu les juges», a-t-il ajouté.

Deux juges, Mahmoud Mekki et Hicham al-Bastawissi, ont été traduits en avril devant un conseil de discipline pour avoir demandé une enquête sur l'implication de certains de leurs collègues dans des cas présumés de fraude électorale. Lors de leur dernière audition, jeudi dernier, le premier a été disculpé tandis que le second a reçu un blâme.

L'opposition égyptienne avait lancé un vaste mouvement de soutien aux deux juges, devenus le symbole des revendications démocratiques en Égypte. Les différentes manifestations de soutien avaient été violemment réprimées et plusieurs centaines de personnes avaient été arrêtées.

Les manifestants ont également voulu protester hier contre les violences qui avaient marqué il y a un an un référendum sur un amendement à la Constitution instituant l'élection du président au suffrage universel parmi plusieurs candidats.


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