Sommet Russie-Union européenne - Pour l'énergie, c'est donnant-donnant, dit Poutine
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Sotchi -- Le président russe, Vladimir Poutine, a averti hier à Sotchi que la Russie n'ouvrirait à l'Europe l'accès à ses richesses énergétiques qu'en échange de concessions équivalentes de la part de l'UE, relativement pauvre en énergie.
Les hauts responsables de l'UE ont multiplié les appels à des relations fondées sur «les règles du marché», «l'ouverture», «la transparence» et la «réciprocité», insistant sur «l'interdépendance» des deux puissances.
«Si nos partenaires attendent de nous une quelconque exclusivité sur les ressources, que nous ayons une politique entièrement libérale d'extraction et de transport, la question qui se pose est de savoir ce que nous pouvons recevoir en échange», a répliqué M. Poutine au cours d'une conférence de presse à l'issue du 17e sommet UE-Russie. «Un accès aux ressources et au transport? Où sont vos champs gaziers? a demandé M. Poutine à l'adresse des Européens. Si vous n'avez pas cela, et vous ne l'avez pas, alors nous attendons de vous une compensation.»
Le président russe recevait le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Javier Solana, et le commissaire aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner.
«L'énergie a été bien sûr un point crucial de nos discussions», a dit M. Barroso, qui a souligné que la crise gazière de janvier entre l'Ukraine et la Russie, accompagnée de ruptures d'approvisionnement de l'Europe, avait «aggravé le sentiment» de «manque de confiance en la Russie en tant que fournisseur crédible». La Russie couvre 26 % des besoins de l'UE en gaz.
«La Russie a été, est et restera un partenaire fiable pour ses collègues européens», a rétorqué M. Poutine, rappelant que son pays fournissait du gaz à l'UE depuis 40 ans. Il s'est aussi voulu rassurant au sujet des projets d'exportation de gaz naturel vers la Chine, assurant que ce pays ne remplacerait pas l'Europe.
Les tensions ont été récemment exacerbées par les ambitions contrariées du géant gazier russe Gazprom, soucieux de prendre des parts dans des sociétés européennes de distribution de gaz.
Les participants au sommet ont aussi affiché leur entente au sujet de la crise du nucléaire iranien.
La Russie propose depuis plusieurs mois à l'Iran d'enrichir sur son sol de l'uranium iranien. Parallèlement, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France se disent prêts à aider l'Iran à construire, par l'entremise de projets conjoints, plusieurs réacteurs à eau légère et à créer une banque de combustible nucléaire si Téhéran cesse d'enrichir de l'uranium.
Seule issue concrète du sommet, la signature d'un accord de simplification des visas et d'un autre prévoyant la réadmission des migrants illégaux.

