Abbas propose un référendum sur un plan de paix

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Reuters
Édition du vendredi 26 mai 2006

Mots clés : fatah

Le président de l'Autorité palestinienne donne d'abord dix jours au Hamas pour accepter le projet

Défilé de membres de la branche armée du Fatah hier à Naplouse.

Photo: Agence Reuters

Ramallah -- À l'occasion d'un «dialogue national» engagé hier entre le Fatah et le Hamas, le président palestinien Mahmoud Abbas a mis au défi le mouvement islamiste d'approuver une proposition de règlement négocié du conflit palestinien avec Israël.

Le Fatah du président de l'Autorité palestinienne et le Hamas, qui contrôle le gouvernement, ont entamé ce dialogue, censé durer deux jours, afin de tenter de surmonter leurs différends et d'éviter un affrontement généralisé.

Dès le début des discussions, auxquelles participent également d'autres factions palestiniennes, Mahmoud Abbas a donné dix jours à ses interlocuteurs pour parvenir à un accord sur un document appelant à un règlement négocié de la question palestinienne avec Israël. «Si vous ne parvenez pas à un accord d'ici là, je vous le dis en toute franchise, je soumettrai ce document à un référendum», a-t-il déclaré, en précisant que cette consultation aurait lieu en juillet ou au début d'août. Le président palestinien, dont l'annonce a surpris bon nombre de participants, a affirmé qu'il ne s'agissait pas là d'une menace.

Le projet auquel il se réfère a été élaboré par des membres en vue du Fatah, du Hamas et du Djihad islamique actuellement détenus en Israël. Il appelle à une «résistance» pacifique et à un règlement négocié de la question palestinienne à la condition d'un retrait total de l'État juif de la Cisjordanie, qu'il occupe depuis 1967.

Il prévoit également la formation d'un gouvernement d'union nationale et la désignation de Jérusalem comme la capitale d'un État palestinien composé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Cette proposition a déjà obtenu le soutien de plusieurs factions palestiniennes, dont le Fatah, mais pas encore du Hamas. Elle a peu de chances d'être approuvée par Israël, qui souhaite maintenir ses plus importantes colonies en Cisjordanie et considère Jérusalem comme sa capitale éternelle et indivisible.

Peu après l'annonce de cet ultimatum, des échanges de coups de feu ont eu lieu à Gaza entre des éléments armés du Fatah et du Hamas.

Des responsables du Hamas ont fait savoir qu'ils n'étaient pas opposés à l'organisation d'un référendum, mais ils ont reproché au président palestinien de ne pas avoir attendu les résultats des deux jours de dialogue avant de poser ses conditions.

Le premier ministre Ismail Haniyeh, issu du Hamas, a prévenu que l'hypothèse d'un référendum serait étudiée sur la base de «sa conformité à la loi ainsi que sur ses implications politiques». Le Hamas refuse toujours de reconnaître le droit d'Israël à exister, implicitement accepté dans le projet élaboré par les prisonniers palestiniens.

Le Djihad islamique, pour sa part, a fait savoir

qu'il soutenait la proposition élaborée par les prisonniers mais qu'il était opposé à l'organisation d'un référendum.

Appels à l'apaisement

L'annonce d'Abbas est survenue après les appels au calme lancés par les responsables du Hamas et du Fatah, qui ont tenté de relativiser leurs divergences.

Les incidents cette semaine entre forces armées rivales ont fait au moins dix morts dans la bande de Gaza et renforcé les craintes d'une guerre civile dans les territoires.

Haniyeh, qui intervenait par vidéo interposée de ses bureaux de Gaza, l'accès à la Cisjordanie lui étant interdit par l'armée israélienne, a affirmé son engagement en faveur de l'unité nationale et sa volonté de faire cesser les luttes intestines.

«Notre réunion aujourd'hui a pour objectif de cimenter notre unité nationale. Je promets à nos héros prisonniers que nous ne les ferons pas souffrir avec des luttes entre Palestiniens [...] Nous avons des différends avec l'occupant israélien mais pas avec nos frères», a-t-il déclaré.

Le président palestinien s'est lui aussi voulu conciliant. «Nous sommes ici parce que nous avons des différends. Le danger menace chaque maison. Notre projet national est en péril», a-t-il déclaré.

«Pourquoi faut-il que nous nous combattions alors que nous sommes face à un bien plus grave et bien plus large problème», a-t-il ajouté, faisant référence à l'occupation israélienne.


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