Kyoto: Québec essaie de rallier les provinces

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Hélène Buzzetti , Robert Dutrisac
Édition du jeudi 25 mai 2006

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Le gouvernement Charest s'active à faire monter la pression en provenance des provinces afin de convaincre Ottawa de ne pas renier sa signature au bas du protocole de Kyoto.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, a indiqué hier que son gouvernement avait déjà contacté l'Ontario, certaines provinces de l'Atlantique et même l'Alberta. La première étape consiste à obtenir du gouvernement fédéral la confirmation qu'il versera les sommes promises au gouvernement québécois pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour le Québec, il s'agit d'une somme de 328 millions, soit l'équivalent par habitant de ce qui a été consenti à l'Ontario par le gouvernement de Paul Martin. «Avec ça, on va leur démontrer [à Ottawa] qu'on va atteindre [les objectifs de] Kyoto. Je pense qu'avec ça, on va créer beaucoup de pression sur Ottawa», a expliqué le ministre Béchard. Les autres provinces exerceront ensuite des pressions sur le gouvernement fédéral pour obtenir la même chose. «Ça ferait en sorte que ce serait très difficile pour eux [Ottawa] de renier Kyoto», estime M. Béchard.

Le ministre québécois a mentionné que sur cette question, le Québec et l'Ontario sont sur la même longueur d'onde, ce qui est loin d'être négligeable. «Même l'Alberta est ouverte à faire certains progrès», a dit M. Béchard.

L'initiative de Layton

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a lancé une initiative qui va exactement dans le même sens. Il tente depuis hier de créer un front commun des provinces contre le gouvernement fédéral et sa nouvelle position dans le dossier des changements climatiques. M. Layton est entré en contact avec Jean Charest et quatre autres premiers ministres provinciaux et territoriaux pour les encourager à faire pression sur Stephen Harper.

Au cabinet de M. Charest, on a indiqué que le premier ministre avait dit à M. Layton qu'il «allait demander au fédéral d'en faire plus».

L'objectif de Jack Layton consiste à convaincre Ottawa de ne pas s'opposer à ce que les 163 pays réunis à Bonn pour la Conférence internationale sur les changements climatiques fixent de nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au-delà de 2012.

Jack Layton doit faire vite. C'est vendredi, en théorie, que sera concocté le communiqué final de la rencontre de Bonn. Le Canada, qui préside la conférence, s'oppose farouchement à l'établissement de telles cibles. Dans un mémo destiné aux fonctionnaires mais diffusé dans les médias ce week-end, le gouvernement a donné instruction à sa délégation à Bonn de «résister aux pressions en ce sens tout au long des négociations». M. Layton espère renverser la vapeur.

«Mes discussions avec les premiers ministres étaient pour leur demander d'entrer en contact avec M. Harper pour lui demander d'intervenir personnellement dans les négociations à Bonn pour s'assurer que la position canadienne soit une position qui va faire avancer les choses par rapport aux changements climatiques», a expliqué M. Layton lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir hier. Selon M. Layton, il est «essentiel» que le communiqué final annonce la négociation de nouvelles cibles de réduction des émissions de GES. «Parce que sans objectifs, cet effort extraordinaire, international, impliquant tant de pays, sera un échec.»

M. Layton a déjà contacté Jean Charest, Lorne Calvert (Saskatchewan), Gary Doer (Manitoba), Pat Binns (Île-du-Prince-Édouard) et Joe Handley (Territoires du Nord-Ouest). M. Layton entend contacter les autres aujourd'hui, y compris l'Albertain Ralph Klein, qui s'est longtemps opposé à la ratification du protocole de Kyoto par le Canada. Aucun d'entre eux n'a pu être joint hier afin de connaître leurs intentions.

M. Layton et ses troupes entendent bien reprendre la bataille à la Chambre des communes la semaine prochaine, lorsque les travaux parlementaires reprendront.

Débat

À l'Assemblée nationale, les parlementaires ont débattu pendant deux heures sur une motion, présentée par l'opposition officielle, qui condamnait «le recul» du gouvernement Harper en ce qui a trait à Kyoto. C'est finalement la motion déposée par les libéraux qui a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Elle se lit comme suit: «Que l'Assemblée nationale du Québec demande au gouvernement fédéral de respecter ses engagements internationaux et l'objectif de réduction des gaz à effet de serre, tel qu'établi par le protocole de Kyoto, en contribuant financièrement à la mise en oeuvre du Plan d'action québécois sur les changements climatiques.»

Le premier ministre Jean Charest n'a pas pris part au débat hier. Mais mardi, M. Charest avait affirmé à l'Assemblée nationale que son gouvernement «n'avait pas l'intention d'attendre la permission» du gouvernement fédéral pour remplir les objectifs du protocole du Kyoto.

S'avouant «déçu» de la position adoptée par le gouvernement Harper, Claude Béchard juge que l'abandon du protocole de Kyoto par Ottawa serait injuste pour les entreprises du Québec qui ont payé «un prix économique pendant une dizaine d'années» pour se préparer à l'entrée en vigueur du protocole. M. Béchard veut rencontrer la ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, avec un «plan bleu» sur la réduction des émissions de GES et lui montrer qu'il est possible de respecter les objectifs de Kyoto avec d'autres provinces et aussi avec les États du nord-est des États-Unis avec lesquels le Québec travaille, a-t-il dit.


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C'est bien beau mais, de toutes façons, NOUS aurons à subir PIRE dans les décennies qui viennent... - par Maurice Monette (monmau@globetrotter.net)
Le jeudi 25 mai 2006 11:00

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