Opinion

Une année remarquable

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Bernard Descôteaux, Directeur du Devoir

Édition du jeudi 25 mai 2006

Mots clés :

La presse écrite a-t-elle encore un avenir? La question fait régulièrement l'objet de colloques et de débats, et la montée fulgurante d'Internet en tant que canal d'information justifie qu'on s'y arrête.

Le Devoir aura bientôt 100 ans, et même si, depuis sa fondation en 1910, nous n'avons jamais eu l'assurance de sa pérennité, nous avons toujours envisagé l'avenir avec confiance, convaincus que ce journal avait un rôle à jouer dans le développement de la société québécoise.

Nous n'avons jamais rien tenu pour acquis et, aujourd'hui, nous sommes particulièrement attentifs à l'évolution à laquelle le monde de la presse écrite est confronté, conscients que nous n'avons d'autre choix que de nous adapter à un contexte changeant. Nous l'avons fait en 1993, en remodelant complètement le journal, et en 1997, en prenant pied dans le cyberespace avec LeDevoir.com. Toujours, nous chercherons à proposer à nos lecteurs un journal qui, tant dans sa version papier que dans sa version électronique, puisse répondre à leurs attentes en étant cette source d'information crédible et indépendante qu'ils recherchent.

Les résultats financiers que nous avons obtenus en 2005 nous rassurent et nous donnent confiance. Nous sommes aussi stimulés par les constatations établies lors de la dernière étude de lectorat réalisée par le Print Measurement Bureau (PMB), qui nous disent que 301 000 personnes* lisent Le Devoir chaque semaine. Ce résultat reflète la croissance de notre diffusion.

À ce propos, le rapport de l'Audit Bureau of Circulation (ABC) pour le semestre clos le 31 mars 2006 établit le nombre d'exemplaires diffusés à 28 234 en semaine et à 45 176 le samedi. Il s'agit d'augmentations respectives de 5,2 % et de 4,3 % par rapport à la même période l'année dernière.



Le bilan d'une année

Depuis la restructuration financière de notre entreprise, en 1993, notre situation financière s'est sans cesse améliorée. La gestion prudente dont nous nous sommes fait une règle porte fruit, comme le démontrent les résultats enregistrés en 2005. Compte tenu de là d'où nous venons, on nous permettra de les qualifier de remarquables. Regardons-les en détail.

L'année financière terminée le 31 décembre dernier s'est conclue avec un bénéfice de 571 498 $, avant intérêts et amortissements, et de 512 481 $ après intérêts et amortissements, soit 300 000 $ de mieux qu'en 2004. Les revenus ont atteint 16 360 976 $, en croissance de 4,8 % par rapport à l'année précédente, alors que les dépenses se sont élevées à 15 789 478 $, soit 3,1 % de plus qu'en 2004. Quant aux intérêts et amortissements, ils ont atteint la somme de 59 017 $.

Au chapitre des revenus, ceux tirés de la diffusion du journal ont continué de croître pour atteindre 8 269 709 $, en hausse de 4 %. Cette augmentation est essentiellement due à la hausse des ventes d'exemplaires, aussi bien en kiosque que par abonnement aux versions papier ou électronique du journal. L'intérêt des lecteurs pour cette dernière formule ne se dément pas et nous passerons bientôt le cap des 2000 abonnés qui reçoivent leur journal en format PDF par Internet.

Les recettes provenant de la vente d'espaces publicitaires dans le journal ont pour leur part augmenté de 3,1 % pour atteindre 7 511 253 $.

Diverses sources de revenus sont par ailleurs regroupées dans nos états financiers sous la catégorie «autres revenus», pour un total de 597 395 $. Parmi celles-ci se trouvent les redevances de droits d'auteur, qui croissent chaque année, et les revenus publicitaires de notre site Internet, en augmentation de près de 50 % cette année.

Lorsqu'on prend en compte les revenus d'abonnement et de publicité, la contribution de LeDevoir.com à nos résultats devient significative. Il ne fait aucun doute qu'au cours des prochaines années, elle le sera encore plus.

Les dépenses, dont la progression a été contenue à 3,2 %, se sont élevées à 15 805 937 $. Pour l'essentiel, cette somme a servi à la rémunération de nos employés et de nos collaborateurs. Le Devoir compte près de 120 employés permanents, dont plus de la moitié participe directement, à titre de journalistes ou d'infographistes, à la production quotidienne du journal. Ils sont épaulés par une petite armée de collaborateurs extérieurs sans lesquels nous n'arriverions pas à offrir aux lecteurs un journal de qualité. Au-delà des augmentations salariales prévues aux conventions collectives, nous avons consacré plus de ressources à l'amélioration de la qualité du journal en 2005.

Une part importante de nos dépenses a par ailleurs servi à couvrir les frais liés à la diffusion du journal et à son impression, tâches confiées en impartition à Messageries Dynamiques dans le premier cas et à la division de Saint-Jean-sur-Richelieu de Quebecorworld dans le deuxième.

L'augmentation de la diffusion du journal s'est répercutée, cela va de soi, sur la ristourne versée à notre distributeur et sur les frais d'impression. Soulignons que ceux-ci ont été affectés par l'impression d'un plus grand nombre de pages. Le renouvellement du contrat d'impression en janvier 2005, à des conditions reflétant le marché actuel, nous a toutefois permis de maintenir ces coûts au plus bas niveau possible, et ce, en dépit d'une augmentation du prix du papier journal, lequel est de nouveau reparti à la hausse.

Les perspectives d'avenir

Sans prétendre au statut d'un journal à grand tirage, nous avons toujours cru, au Devoir, que notre quotidien pouvait détenir une plus grande part du marché de la presse québécoise. La progression constante de notre diffusion au cours des dernières années nous a donné raison. Depuis 1998, cette augmentation a été de 23,4 % pour notre édition du week-end! Il faut souligner que ce tirage de 45 000 exemplaires dont le dernier rapport de l'ABC fait état pour le samedi constitue une première pour Le Devoir.

Ces résultats sont le fruit de plusieurs facteurs visant essentiellement à ce que le contenu et la facture du Devoir répondent aux attentes d'un public lecteur exigeant. L'information étant désormais une denrée presque surabondante, il est devenu facile de savoir ce qui se passe. Il suffit d'allumer son appareil de télévision, son ordinateur, ou encore de tendre la main pour prendre un de ces journaux gratuits distribués dans le métro. Cette information, destinée à une consommation instantanée, ne reste trop souvent qu'à la surface des événements. Comprendre ce qui se passe commande d'avoir accès à des sources d'information fiables où l'actualité est analysée en profondeur. Le Devoir en fait partie.

Loin de nous inquiéter, les modifications à venir du paysage médiatique seront une occasion pour Le Devoir d'occuper une plus grande place. Il a l'avantage d'être un journal de qualité qui propose un regard réfléchi sur les événements tout en allant à l'essentiel. Il nous faudra toutefois ne pas relâcher nos efforts. Nous entendons ainsi continuer à accroître l'offre de contenu tant dans la version papier que dans la version électronique du Devoir.

Notre site LeDevoir.com fera l'objet cette année d'une nouvelle refonte, la quatrième depuis son lancement en juin 1997. Atteignant aujourd'hui près de 600 000 visiteurs uniques chaque mois, il est devenu un pôle de développement de l'entreprise. Tout en lui conservant ses principales caractéristiques, nous le rendrons plus complet, plus dynamique et plus convivial.

Soulignons par ailleurs que nous assurerons une couverture plus complète de l'actualité de la région de Québec. Lorsque les événements s'y prêtent, nous continuerons, comme nous le faisons depuis un an, à publier une édition spéciale destinée à ce marché.

Le succès d'un journal ne peut reposer uniquement sur la qualité de son contenu. Il faut aussi en assurer la mise en marché, un domaine où nous avons accentué nos efforts au cours des deux dernières années avec, entre autres, la campagne publicitaire «On n'est jamais trop curieux».

Il faut aussi rendre le journal accessible partout sur le territoire que nous prétendons desservir. Le contrat qui nous lie à notre distributeur se terminant à la fin de l'année 2006, ce sera l'occasion de chercher à élargir la portée du service de livraison et à en améliorer la qualité.

***

L'appui que nous ont apporté en 2005 nos principaux partenaires commerciaux -- Quebecorworld, Messageries Dynamiques et VDL2 -- aura contribué au succès que nous avons enregistré. Toutefois, il faut avant tout souligner l'engagement du personnel de la maison, pour qui travailler au Devoir est, plus qu'un travail, une passion. Cet engagement est d'autant plus porteur de dynamisme qu'il est le fait d'une équipe jeune et talentueuse.

Au cours des dernières années, les lecteurs ont vu se renouveler l'équipe de la rédaction, une des plus jeunes parmi les quotidiens du Québec. Mais cela est aussi vrai dans tous les services.

Ont aussi contribué à ce succès une équipe de cadres engagée et d'un grand professionnalisme. En font partie Jean-Robert Sansfaçon, Catherine Laberge, Jules Richer, Nicole Calestagne, Christian Goulet et François Bisson. Je tiens aussi à signaler l'apport inestimable des membres du conseil d'administration que préside Yves L. Duhaime. Venant d'horizons diversifiés, ce sont de véritables amis du Devoir, toujours respectueux de l'indépendance de la direction du journal. Parmi eux, il me faut remercier Raymond Bachand, qui nous a quittés en raison de son engagement politique après avoir siégé à notre conseil pendant plusieurs années.

* Étude PMB, mars 2006. Lectorat de la version papier du Devoir dans les territoires desservis au Québec et hors Québec.


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