Bombardement meurtrier dans le sud de l'Afghanistan

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AP
Édition du mardi 23 mai 2006

Mots clés : azizi

Kandahar, Afghanistan -- La situation continue de se dégrader dans le sud de l'Afghanistan, où entre 60 et 80 talibans ainsi que 17 civils ont été tués lors d'un bombardement de la coalition à Azizi, dans la région de Kandahar, selon les autorités.

Un communiqué de la coalition indique qu'une vingtaine de talibans ont été tués lors d'un raid aérien sur le village d'Azizi dans la province de Kandahar dans la nuit de dimanche à hier, tandis que des «informations non confirmées faisaient état de 60 morts supplémentaires dans les rangs des talibans».

Bien que les troupes canadiennes aient été actives dans la région, elles n'ont pas été impliquées dans ce raid, a déclaré un porte-parole de la coalition, le major Scott Lundy. «Des soldats canadiens se trouvaient dans la région plus tôt dans la journée, mais c'était pour y faire autre chose. Ils étaient de retour dans leur campement» au moment des bombardements, a ajouté le major Lundy.

D'après le gouverneur de la province de Kandahar, Asadullah Khalid, une soixantaine d'insurgés ont été tués ainsi que 17 civils. «Ce genre d'accident arrive durant les combats, surtout quand les talibans se cachent dans des habitations. Je demande vraiment aux gens de ne pas leur donner abri», a-t-il dit.

Selon un blessé soigné à Kandahar, les insurgés se cachaient dans une madrassa (école coranique) à Azizi, après de violents combats dans la région au cours des derniers jours. «Des hélicoptères ont bombardé la madrassa et certains des talibans ont couru de là vers les maisons de gens. Puis ces maisons ont été bombardées», a déclaré Haji Ikhlaf, 40 ans. «J'ai vu 35 à 40 talibans morts et environ 50 civils tués ou blessés», dit-il.

Les journalistes n'ont pas pu se rendre sur place, le village et ses environs étant bouclés par les forces de la coalition. L'Afghanistan connaît depuis ces derniers mois un fort regain de tension et près de 300 personnes ont été tuées depuis mercredi au cours de combats dans le sud du pays, parmi les plus violents depuis le renversement des talibans en 2001. Samedi, deux soldats français membres des forces spéciales ont été tués lors de combats dans la province de Helmand. Les violences concernent également la capitale Kaboul, où l'explosion d'une voiture piégée a fait trois morts dimanche.

Pour le commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général américain James Jones, «il est tentant de tout attribuer aux talibans, mais je suis persuadé que ce n'est pas le cas». Une bonne partie des troubles, estime-t-il, a pour origine le narcotrafic, dont profitent nombre de chefs de guerre luttant contre les campagnes d'éradication de la culture du pavot.

Le regain de violences dans le sud de l'Afghanistan -- frontalier avec le Pakistan d'où s'infiltrent des militants islamistes --, intervient alors que les forces américaines s'apprêtent à quitter la région. Elles sont progressivement remplacées par environ 6000 soldats de l'OTAN, principalement britanniques, canadiens et néerlandais.

Et la Presse canadienne


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