Harper s'éloigne un peu plus de Kyoto
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Le premier ministre vante les vertus du Partenariat Asie-Pacifique

Photo: Agence Reuters
Ce partenariat, décrit par certains comme le club des «sceptiques de Kyoto», comprend les États-Unis, la Chine, l'Inde, la Corée du Sud, l'Australie et le Japon.
Décrivant cette entente comme une «initiative dont la planète a besoin» pour s'attaquer sérieusement aux changements climatiques, M. Harper a mis l'accent sur l'importance d'inclure les plus grands émetteurs dans la lutte contre les gaz à effet de serre.
«Si on est sérieux sur les changements climatiques et le contrôle des émissions de gaz à effet de serre, il est clair que nous devons avoir une initiative internationale qui comprenne les grands émetteurs», a souligné le premier ministre.
Le Partenariat Asie-Pacifique privilégie le développement économique et la création de «technologies propres» pour tenter de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans toutefois forcer les pays à atteindre des cibles comme les y oblige le protocole de Kyoto.
«Ça ressemble beaucoup à l'approche que nous étudions», a affirmé le premier ministre Harper.
Mais pour les environnementalistes, ce n'est certainement pas la bonne approche. «C'est une supercherie, a indiqué Steven Guilbeault, de Greenpeace. C'est une entente non contraignante faite sur mesure pour les plus grands producteurs de charbon qui veulent continuer à polluer sans être dérangés.»
Depuis son élection, le gouvernement conservateur ne cesse de répéter qu'il sera impossible d'atteindre les cibles que le Canada s'est fixées en vertu du protocole de Kyoto. Mais s'il dit vouloir réduire les émissions de GES, le gouvernement Harper doit encore présenter son plan «typiquement canadien» pour agir en ce sens.
Ce plan, qui devrait être dévoilé à l'automne, devrait accorder une bonne place aux nouvelles technologies sans nuire d'une quelconque façon à l'économie canadienne, si on en croit le discours de M. Harper et de sa ministre de l'Environnement, Rona Ambrose.
Cette approche ne pourrait pas mieux concorder avec celle du Partenariat Asie-Pacifique.
«Ce qu'il faut faire, c'est trouver un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans qu'il y ait un prix à payer sur le plan économique», a fait valoir le premier ministre de l'Australie, John Howard. «On peut le faire, et je crois que le Partenariat Asie-Pacifique est plus près d'atteindre cela que Kyoto.»
«Bien des gens sont persuadés que le salut environnemental passe par Kyoto, a poursuivi M. Howard. Ce n'est pas notre position et ce n'est certainement pas, selon ce que j'ai compris, la position du Canada.»
L'énergie nucléaire
Les environnementalistes risquent fort de ne pas être davantage impressionnés par la déclaration de M. Harper selon laquelle l'énergie nucléaire est un élément de l'avenir énergétique au pays.
Ce sera «une composante importante du débat lorsque nous aborderons les défis énergétiques et environnementaux», a déclaré le premier ministre.
Mais s'il voit d'un bon oeil le Partenariat Asie-Pacifique, le premier ministre semble plus prudent devant un éventuel partenariat sur l'énergie nucléaire, récemment proposé par les États-Unis.
L'idée de base de ce partenariat consisterait à créer un groupe de pays qui fournirait l'énergie nucléaire dans le but de mieux contrôler la prolifération des armes conçues à partir de cette matière. Les pays exportateurs devraient accepter de rapatrier sur leur territoire le combustible nucléaire épuisé.
Le Canada est déjà aux prises avec des problèmes pour stocker à long terme les résidus miniers et les déchets en provenance des réacteurs nucléaires canadiens.
À eux deux, le Canada et l'Australie exportent 43 % de la production mondiale d'uranium.
Les deux pays collaboreront pour étudier de près la proposition américaine, ont indiqué les deux chefs de gouvernement.

