Et puis euh... - Vélodrame

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Jean Dion
Édition du jeudi 18 mai 2006

Mots clés : livestrong

Un citoyen des États-Unis d'Amérique qui voue une admiration à décoller la tapisserie au cycliste Lance Armstrong a décidé de porter deux bracelets jaunes portant l'inscription «Livestrong» en l'honneur de son idole.

«Je me demandais quel geste particulier et original je pouvais faire pour rendre hommage à cet homme incroyable qui a surmonté tant d'épreuves. J'ai donc opté pour le bracelet jaune, une initiative d'autant plus originale qu'à peine 500 millions de personnes au pays ont déjà fait la même chose avant moi», a raconté le citoyen alors qu'il était au milieu d'une file de deux kilomètres en faux plat montant de gens occupés à attendre l'autographe d'Armstrong.

«Mais cela ne me suffisait pas. Je voulais en faire plus pour ce personnage extraordinaire. Je me suis donc procuré un second bracelet, d'autant plus volontiers qu'on pouvait dépenser la somme de notre choix pour l'avoir. Ainsi, j'ai le sentiment de faire partie au max de la grande aventure Armstrong.» Cela alors que plus personne ne porte le bracelet Livestrong parce que, tout de même, on a d'autre chose à faire dans la vie que lutter contre le cancer.

Le citoyen a révélé que, certes, Lance Armstrong doit être salué pour sa victoire sur le cancer et sa réussite dans l'entreprise de séduction de la superbe Sheryl Crow, mais pour lui, le citoyen, ce sont avant tout ses exploits sportifs qui suscitent la vénération. «Ses performances au Tour de France sont proprement ahurissantes. Je peux vous l'assurer même si je n'ai jamais regardé une seule seconde du Tour de France, ni à la télévision ni sur place parce que je ne suis jamais allé en France, où on mange mal et où on ne parle pas anglais juste pour écoeurer les Américains. Ils oublient qu'on les a libérés en 1944, ces ingrats avec pas de classe», a déclaré le citoyen, qui a reconnu qu'il trouve que le vélo est de toute manière un sport ennuyant à mourir, «comme le soccer, d'ailleurs, et toutes les autres affaires qui n'ont pas été inventées chez nous».

Le citoyen a aussi révélé que si Armstrong n'avait pas été américain, il se serait éperdument fiché de lui. «Je n'aurais rien à cirer de sa maladie, et je serais persuadé qu'il se serait dopé à l'os pour poursuivre sa carrière», a-t-il conclu.

***

La Ligue nationale de hockey a annoncé hier que la série finale pour l'obtention de la coupe Stanley sera annulée en raison du début des camps d'entraînement de ses 30 formations.

«Désolé, c'est ça qui est ça», a déclaré lors d'une circonférence de presse le commissionnaire de la NHL, Gary Bettman. «On ne veut pas dire que les séries se prolongent indûment dans le calendrier estival, mais on n'avait pas le choix. On ne peut pas priver 30 équipes de leur droit légitime de divertir nos milliards de fans pour que deux clubs occupant des marchés minuscules disputent un 4 de 7 qui n'intéressera personne.»

«De toute manière, il faut le prendre du bon côté: la Ligue nationale a atteint un tel degré d'équilibre de ses unités constituantes que la série finale n'aurait probablement pas donné de gagnant», a ajouté M. Bettman.

Selon le patron des patrons, l'ouverture des camps, qui surviendra au lendemain de la clôture des finales d'association, est essentielle «parce que les matchs pré-saison, à l'occasion desquels nous faisons payer le gros prix aux supporters pour assister à des joutes insignifiantes, forment un élément essentiel de notre structure de fonctionnement économique. Plus il y en a, mieux c'est. Pour la saison 2006-07, nous prévoyons d'ailleurs que chaque équipe disputera 40 matchs hors concours. Lorsque s'amorcera le calendrier régulier, les joueurs seront prêts, je vous en passe un sacré papier».

De son côté, l'Association des joueurs de la NHL a appuyé la décision du circuit Bettman. «De un, nos membres ne sont pas payés pendant les séries, l'initiative équivaut donc à augmenter notre rémunération par match», a déclaré un porte-parole. «De deux, ça nous fera deux semaines de moins à voir la coiffure de Kerry Fraser à la télé nationale. Et de trois, n'importe quoi pour faire taire les $#@!& de castors de Bell Téléphone.»

Quant à la coupe Stanley, elle sera attribuée par fusillade. «Le monde aime tellement ça, la fusillade. C'est tellement excitant», a dit M. Bettman. «Voilà d'ailleurs la solution à un de nos problèmes, comme les matchs en troisième prolongation à Edmonton qui finissent à trois heures du matin. Dorénavant, il n'y aura plus de troisième prolongation. Il n'y en aura même plus de deuxième, ni de première. Et si vous pensez que notre intention est d'instaurer une fusillade après les trois périodes réglementaires, vous vous introduisez le digital dans l'ophtalmique d'aplomb. Il y aura une fusillade, mais à la place du match. Le monde aime tellement ça, la fusillade, il serait inconvenant de le faire attendre pendant deux heures et demie.»

Afin d'éviter que les rencontres s'éternisent nuitamment, la NHL examine aussi la possibilité de déménager des villes comme Edmonton, Vancouver, Anaheim et Los Angeles dans le fuseau horaire de l'Est, «et tant pis pour eux si le soleil se lève à midi là-bas», a indiqué M. Bettman. «Comme ça, tout le monde qui a de l'allure -- je parle ici des journalistes sportifs de Montréal qui doivent se coucher tôt pour faire une grosse journée au bureau à décortiquer le troisième trio du Canadien -- sera content.»

«La côte Est, c'est le boutte de toute. N'oublions pas que tout ce qui préoccupe la Ligue nationale de hockey, c'est que les Rangers de New York pètent le feu.»

***

Le directeur général des Flyers de Philadelphie, Bobby Clarke, un authentique cerveau de hockey, a fait savoir qu'il avait mis au point une stratégie révolutionnaire pour mener son équipe aux grands honneurs.

«Lorsque nous tirerons de l'arrière par un but en fusillade, je retirerai mon gardien de but à la faveur d'un sixième attaquant», a confié Clarke. «Les statistiques sont éloquentes: dans toute l'histoire de la NHL, il n'y a jamais, jamais eu de but sur un lancer de punition dans un filet désert.»

«Et puis, cela me permettra de dissimuler le fait que depuis la mort de Pelle Lindbergh, il y a plus de 20 ans, j'ai toujours embauché des gardiens tout à fait pourris.»

jdion@ledevoir.com


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