Five débats au PLC

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Hélène Buzzetti
Édition du jeudi 11 mai 2006

Mots clés :

Les libéraux rejettent l'idée de tenir un débat unilingue français au Québec

Ottawa -- Les aspirants à la succession de Paul Martin qui ne parlent pas très bien le français pourront passer le test des débats entre candidats sans y laisser leur peau. Le PLC a décidé que les cinq débats officiels devant avoir lieu d'ici le congrès à la chefferie se dérouleront dans les deux langues officielles, y compris celui au Québec. L'idée de tenir un échange uniquement en français au Québec a été exclue, au grand dam du candidat Joe Volpe, qui demande à ses adversaires de changer d'avis.

Des représentants de chacun des 11 adversaires dans la course au leadership libéral se sont rencontrés lundi pour établir les modalités de ces cinq débats. Le premier aura lieu le 10 juin à Winnipeg et le deuxième une semaine plus tard à Moncton. L'équipe de M. Volpe aurait ainsi proposé que le débat devant se dérouler plus tard au Québec se fasse exclusivement en français, ce que les autres équipes auraient refusé.

Déçu, M. Volpe a fait parvenir hier en fin de journée une lettre à tous ses adversaires ainsi qu'au président du parti, Mike Eizenga, pour les inviter à changer d'avis. «Pour des raisons mieux exprimées par certains, notre suggestion d'avoir un débat en français au Québec avant la fin de juin n'a pas été retenue», écrit M. Volpe dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie. «Compte tenu de l'importance du bilinguisme pour l'identité canadienne, je me sens obligé de vous demander, collègues candidats dans la course à la direction, de reconsidérer [sic] cette décision. Nous devons démontrer notre conviction quant à l'importance de la langue française et de la culture québécoise au sein de la fédération.»

M. Volpe, un des huit candidats provenant de la région de Toronto, parle un très bon français, ce que bien des gens ignorent. Par contre, le français de Gerard Kennedy, ministre sortant de l'Éducation de l'Ontario, de Scott Brison, seul candidat de l'Atlantique, et de Ken Dryden, l'ex-joueur de hockey, est plutôt hésitant. Les candidates marginales Carolyn Bennett et Hedy Fry ne le parlent pas du tout.

Au siège social du PLC, le directeur général Steven Mackinnon a justifié cette décision par le fait que le parti est bilingue. «Ces débats vont se tenir dans les deux langues, a-t-il expliqué. Il n'y aura aucun débat unilingue, ni de débat unilingue en français, ni de débat unilingue en anglais.» «Nous sommes un parti bilingue dans un pays bilingue et il y a des francophones partout au pays», a continué M. Mackinnon. Il aurait été difficile, comprend-on entre les lignes, de justifier des débats bilingues dans le reste du pays si le débat au Québec se déroulait exclusivement en français.

M. Mackinnon n'a pas voulu vendre la mèche à propos de la formule préconisée pour ses débats, mais il a indiqué que les personnes qui interrogeront les candidats (des militants dans la salle?) pourront le faire soit en français, soit en anglais. «La réponse pourra être donnée par le candidat dans la langue de son choix.» Il a ajouté que si un candidat choisit de ne répondre qu'en anglais aux questions posées en français, «les gens sur place prendront bien note de ce fait».

La date et le lieu du débat québécois sont inconnus pour le moment, mais tout porte à croire que ce sera à l'automne, avant la fin de septembre, dans une ville autre que Montréal puisque c'est là qu'aura lieu le congrès, en décembre.

Du côté de la campagne de Michael Ignatieff, à laquelle le député Denis Coderre s'est officiellement joint en matinée hier, on affirme que le candidat ne parlera que le français au Québec. «On ne nous avait pas demandé notre avis lorsque la décision a été prise, a expliqué M. Coderre. Mais pour notre part, ce sera un débat francophone [sic] avec une flexibilité en offrant la traduction simultanée.»

M. Coderre, qui croit que le bilinguisme doit être obligatoire pour toute personne aspirant à diriger le Parti libéral du Canada, juge lui aussi que les candidats qui oseront s'exprimer uniquement en anglais lors de leur passage en terre québécoise s'éjecteront eux-mêmes de la course. «Il est important que les francophones qui seront là puissent avoir accès aux candidats sans avoir recours à la traduction simultanée.»

M. Coderre a qualifié de «tactique» la sortie de M. Volpe, qui lui permet de se présenter à son tour comme un francophile. «Je trouve que c'est une tactique intéressante», a-t-il reconnu. Il n'a pas été possible d'obtenir de commentaire du côté de Stéphane Dion, seul candidat du Québec dans cette course. M. Dion a lui aussi placé le bilinguisme très haut sur la liste des compétences attendues d'un candidat crédible. L'équipe de Scott Brison n'a pas rappelé Le Devoir hier tandis que celles de MM. Dryden et Kennedy n'étaient pas au courant de cette situation. L'équipe de Bob Rae a quant à elle fait savoir qu'il était très important aux yeux de M. Rae de tenir les débats dans les deux langues officielles.


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Rester hors Québec - par Jeannine Ouellet
Le jeudi 11 mai 2006 22:00

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