Israël assèche les stations-service de Cisjordanie

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Reuters
Édition du jeudi 11 mai 2006

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La pénurie aggravera davantage la crise économique et sociale provoquée par le blocus financier occidental

Un employé d'une station-service de Ramallah expliquait hier la situation à un automobiliste.

Photo: Agence Reuters

Ramallah -- L'essence commence à faire défaut en Cisjordanie après une décision de l'entreprise israélienne qui jouit de l'exclusivité de la distribution dans le territoire de cesser ses approvisionnements, faute d'être payée.

Moudjahid Salamaeh, directeur général de l'Agence pétrolière palestinienne, a déclaré hier que l'Autorité autonome ne disposait pas de réserves de carburant et que, dès lors, essence et gaz manqueront dans les 24 heures.

Les automobilistes écument la Cisjordanie pour trouver les rares stations-service disposant encore d'un peu d'essence et de longues files d'attente se forment devant elles. Mais le carburant est rationné (23 $ par véhicule).

«Je n'ai plus que du super 96, mais il n'y en aura plus d'ici deux heures», témoigne Souheïl Djaber, propriétaire d'une station-service à Ramallah. Dans la même ville, Husseïn Moukbel assure avoir suffisamment d'essence pour faire tourner son taxi pendant 24 heures mais s'interroge à propos de la suite.

Dans la bande de Gaza, bien plus pauvre que la Cisjordanie, l'essence reste disponible, mais elle est si chère que des centaines de véhicules ont été illégalement transformés afin de pouvoir fonctionner au gaz.

La pénurie de carburant est de nature à aggraver davantage la crise économique et sociale provoquée par le blocus financier décrété par les pays occidentaux lors de l'accession au pouvoir du Hamas, en mars.

La compagnie israélienne Dor Alon, distributeur exclusif d'essence et de gaz domestique aux autorités palestiniennes, a interrompu ses approvisionnements en arguant de ses factures impayées. Les arriérés dus au fil des ans à Dor Alon frisent désormais les 100 millions de dollars. Mais Salameh estime que l'entreprise reprendra ses approvisionnements si l'Autorité palestinienne s'acquitte d'au moins un quart de cette dette.

Le blocus financier occidental, qui vise à contraindre le Hamas à traiter avec Israël, a été aggravé par le boycottage des banques arabes, menacées de sanctions américaines si elles traitent avec les nouvelles autorités palestiniennes.

Le président de l'Autorité palestinienne a lancé un appel au «quartet» des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient afin que l'aide aux Palestiniens reprenne.Le quartet a chargé cette dernière de mettre en place un mécanisme pour faire parvenir une aide aux Palestiniens en contournant le Hamas. Mais ce système ne devrait pas voir le jour avant plusieurs semaines.

Et Israël continue depuis trois mois à bloquer le reversement des quelque 55 millions de dollars de taxes et droits de douane qu'il perçoit au nom de l'Autorité palestinienne. Selon Salameh, 40 % de ces revenus étaient consacrés à la facture énergétique.


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