Plus de 1000 personnes assassinées en avril à Bagdad

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AFP
Édition du jeudi 11 mai 2006

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Le Parlement irakien a tenu hier sa deuxième rencontre

Un soldat irakien a monté la garde hier près d'un minibus qui a été détruit lors d'une attaque à Baaqouba, près de Bagdad, faisant sept morts.

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- Plus de 1000 personnes ont été victimes de meurtres confessionnels en avril dans la seule ville de Bagdad, a annoncé hier le président irakien, alors que le pays attend toujours l'annonce de la formation d'un gouvernement d'union nationale.

«J'ai reçu un rapport de l'Institut médico-légal selon lequel 1091 personnes ont été assassinées en avril dans la seule ville de Bagdad», a déclaré le président Jalal Talabani dans un communiqué. «Nous sommes choqués, attristés et en colère en apprenant l'étendue de ces meurtres, parfois accompagnés de cruelles tortures, qui frappent quotidiennement les Irakiens sur leur seule identité», a-t-il ajouté. «De tels crimes vont à l'encontre de la religion, de la morale et de l'humanité.»

Hier, les corps de 13 personnes tuées par balles, dont certains présentaient des traces de torture, ont encore été découverts à Bagdad. Douze ouvriers travaillant pour la compagnie irakienne d'électricité ont ainsi été tués dans la matinée lors d'une embuscade contre le bus qui les transportait, à dix kilomètres au nord de Baaqouba (60 kilomètres au nord de Bagdad). En outre, un responsable de la police de Baaqouba et ses deux gardes du corps ont été tués par des hommes armés.

À Bagdad, un responsable au ministère de la Défense a été abattu tandis que deux policiers de la circulation ont péri dans une fusillade.

Mardi soir, un attentat suicide à la voiture piégée avait tué 24 personnes et fait 134 blessés dans un marché à Tall Afar. Par ailleurs, Reporters sans frontières a annoncé que cinq professionnels des médias ont été tués en moins d'une semaine en Irak, ce qui porte à 18 le nombre des représentants de la presse tués depuis le début de l'année.

Pas de gouvernement

Sur le plan politique, le gouvernement d'union nationale que l'Irak attend depuis les législatives du 15 décembre n'a toujours pas été annoncé.

Le premier ministre désigné, Nouri al-Maliki, avait expliqué mardi que la composition de ce gouvernement serait terminée «aujourd'hui ou demain», mais aucune nouvelle n'a été rendue publique à ce sujet.

Le Parlement a ouvert hier matin sa deuxième séance de travail, mais elle s'est terminée en milieu d'après-midi, après l'adoption d'un règlement intérieur.

Un incident de séance a même provoqué une interruption d'une demi-heure quand le président du Parlement, le sunnite Mahmoud Machhadani, a quitté la salle après une altercation avec la députée chiite Ghofran al-Saadi. Mme Saadi s'était plainte des violences dont son garde du corps aurait été victime lundi après que son portable eut sonné à l'improviste au cours d'une réunion politique avec M. Machhadani.

Par ailleurs, cinq Irakiens soupçonnés de terrorisme se sont évadés mardi de la prison de Fort Suze sous contrôle américain, dans le nord de l'Irak, a annoncé l'armée américaine, qui n'a pas précisé comment les détenus ont pu s'échapper. La police locale a indiqué qu'elle avait distribué des photos des cinq évadés, des Arabes irakiens.

Près de 1300 personnes sont détenues à Fort Suze, une imposante bâtisse située au pied des montagnes du Kurdistan, à 30 kilomètres au nord-ouest de Souleimaniyah, selon des ONG.


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