Le Parlement iranien entre en scène
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Le Majlis menace de contraindre le gouvernement à se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire

Photo: Agence Reuters
«Il est évident que si le secrétaire général de l'ONU et d'autres membres du Conseil de sécurité ne parviennent pas à résoudre ce différend pacifiquement, ce qui est leur responsabilité, il n'y aura d'autre solution pour le Parlement que de demander au gouvernement de retirer sa signature du protocole additionnel [au TNP, destiné à permettre des inspections inopinées, NDLR] et de réexaminer l'article 10 du TNP [qui précise les possibilités de retrait des signataires]», avertit la lettre des parlementaires, lue hier sur les ondes de la radio nationale.
L'Iran a d'ores et déjà interdit les inspections non programmées de ses installations par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier que les pays signataires se conforment aux exigences du TNP. L'article 10 du TNP autorise les signataires à se retirer au motif que des événements extraordinaires menacent les intérêts supérieurs de leur nation. Un pays ayant pris une telle décision doit la justifier et en avertir trois mois avant la date effective de retrait les autres signataires et les Nations unies.
La Corée du Nord s'était ainsi retirée du TNP en 2003. En décembre de cette même année, l'Iran avait signé le protocole additionnel, acceptant de fait le principe d'inspections inattendues et approfondies.
Téhéran a respecté l'application de ce protocole jusqu'en janvier dernier, à la suite de la saisine du Conseil de sécurité sur le dossier de son programme nucléaire.
L'Iran fait aujourd'hui valoir qu'en vertu de ses lois, il n'est tenu d'appliquer le protocole qu'après ratification du texte par le Parlement et le puissant Conseil des gardiens de la révolution. Hamid Reza Asefi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a ainsi répété hier que la communauté internationale ne pouvait rien faire pour contraindre l'Iran à suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. Il a qualifiée de «totalement illégale» une intervention du Conseil de sécurité dans cette affaire.
«Les pays à l'origine du projet de résolution [la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis] ont des motivations politiques», a poursuivi M. Asefi, en référence au texte présenté à l'ONU, qui prévoit des sanctions contre l'Iran s'il ne cesse pas ses activités d'enrichissement et de retraitement. «Une intervention du Conseil de sécurité de l'ONU entraînerait le passage de la coopération à la confrontation. Nous leur recommandons de ne pas faire ça», a-t-il conclu.
Dans le même temps, le président Mahmoud Ahmadinejad a accusé une nouvelle fois les opposants au programme nucléaire iranien de tyranniser son pays et la communauté internationale. «Ces organisations doivent défendre les pays qui entendent se doter d'une technologie nucléaire pacifique et désarmer les pays qui possèdent des armes de destruction massive.»
Pour leur part, le président français Jacques Chirac et la chancelière allemande Angela Merkel qui se sont entretenus hier au téléphone, ont constaté leur «convergence de vues» pour parvenir à «une résolution donnant force obligatoire aux demandes de l'AIEA, notamment celle de suspension de l'enrichissement de l'uranium» par l'Iran.
Le président George W. Bush a appelé hier la communauté internationale «à prendre très au sérieux» les menaces du président iranien, l'ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, tant sur le dossier nucléaire que vis-à-vis d'Israël, dans une interview au journal dominical allemand Bild am Sonntag.
Avec l'AFP

