Des colons juifs expulsés manu militari à Hébron
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Photo: Agence Reuters
Ehoud Olmert a essuyé de nombreuses critiques pour la gestion de cette opération alors qu'il dirigeait encore un gouvernement intérimaire. Lors de la première réunion de son cabinet, investi jeudi dernier, le nouveau premier ministre a averti hier qu'il n'accepterait aucune colonie sauvage en Cisjordanie. «Chaque fois que la loi sera violée, nous répondrons sans compromis et nous n'accepterons aucun fait illégal sur le terrain», a souligné le chef du gouvernement, dont les propos ont été rapportés par ses services.
«Dans les prochaines années, nous changerons le caractère d'Israël pour nous assurer qu'une solide majorité juive y réside à l'intérieur de frontières capables de nous offrir la sécurité et de nous séparer de ceux qui doivent vivre à nos côtés et non parmi nous», a-t-il encore déclaré en s'installant officiellement dans le bureau occupé précédemment par Ariel Sharon.
Opération délicate
Tôt dans la matinée, les policiers avaient pris d'assaut le bâtiment occupé, sciant une porte métallique qui en bloquait l'accès. Après avoir été pris à partie par une foule de manifestants massés devant l'édifice, ils ont d'abord invité les colons, parmi lesquels figuraient des enfants souvent en bas âge, à quitter les lieux pacifiquement, ce qu'on fait une partie des occupants. D'autres ont en revanche dû être évacués manu militari.
Des colons rassemblés devant l'habitation, non loin de la colonie juive d'Avraham Avinu, ont tenté d'y pénétrer dans la foulée des policiers en tenue anti-émeute. Mais les forces de l'ordre les ont repoussés, parfois au prix de quelques gifles destinées à calmer les protestataires.
Au total, trois familles de squatters et 27 jeunes sympathisants de la région d'Hébron ont été expulsés, a précisé Mickey Rosenfeld, porte-parole de la police. Dix-neuf membres des forces de sécurité ont été blessés au cours de l'opération, et 17 colons arrêtés.
Avi Harush, chef du détachement de police chargé de l'opération, a expliqué que les expulsions avaient pris plus de temps que prévu en raison de l'obscurité du lieu. «Il y avait des enfants à l'intérieur, même des bébés», a-t-il dit. «Nous ne voulions pas toucher à un seul de leurs cheveux.»
Les familles évacuées étaient entrées voilà un mois dans cette maison abandonnée en présentant des documents qui donnaient à penser qu'elles louaient les lieux à un propriétaire palestinien. Les autorités israéliennes ont ensuite découvert qu'il s'agissait de faux et la Cour suprême a ordonné leur expulsion.
Environ 700 policiers israéliens, appuyés par un millier de militaires, avaient été mobilisés pour cette opération. Les patrouilles devaient être renforcées en début de semaine dans le secteur d'Hébron pour assurer le maintien de l'ordre. On compte quelque 160 000 Palestiniens et 500 colons, parmi les plus radicaux de Cisjordanie, à Hébron, ville sainte pour les juifs comme pour les musulmans.

