Candidature contestée à la tête de la CIA

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AFP
Édition du lundi 08 mai 2006

Mots clés : cia

Washington -- Des parlementaires américains influents ont exprimé hier leurs inquiétudes quant au choix du général Michael Hayden comme prochain patron possible pour l'agence de renseignement CIA, présageant une bataille pour la confirmation du candidat de la Maison-Blanche à ce poste.

Le général Hayden, cité par les médias américains comme le successeur désigné à Porter Gloss, qui a donné sa démission vendredi à la surprise générale, devait être nommé aujourd'hui officiellement par le président George W. Bush.

Tant les élus républicains que démocrates ont donné libre court hier lors d'interventions sur les chaînes de télévision, à leurs inquiétudes sur le choix d'un militaire plutôt que d'un civil pour ce poste et sur le soutien apporté par Hayden au programme controversé de mise sur écoute des Américains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Selon Pete Hoekstra, président républicain de la commission sur le renseignement à la Chambre des représentants, ce n'est pas le moment «d'avoir un militaire à la tête d'une agence civile», a-t-il affirmé sur Fox News. Selon lui, les militaires «s'inquiètent de la situation présente, des guerres et des menaces contre les États-Unis à court terme et comment nous pourrions y répondre militairement».

D'autres élus ont souligné que, même si le général Hayden quittait l'armée de l'Air, après sa nomination qui doit encore être confirmée par le Sénat, les craintes n'en seraient pas effacées pour autant. «Le fait qu'il soit un militaire aujourd'hui est en fait le problème principal», a affirmé le sénateur républicain Saxby Chambliss sur ABC. «Juste démissionner pour continuer en ayant simplement changé son uniforme de l'US Air Force contre un costume rayé, je ne pense pas que cela fasse une grande différence.»

L'audition du général Hayden devant le Sénat promet d'être difficile. Actuellement adjoint de John Negroponte supervisant toutes les agences du renseignement américain, il sera sans doute interrogé sur le programme d'écoutes controversé lancé par la très secrète National Security Agency qu'il a dirigée jusqu'en 2005.

Le républicain Arlen Specter, à la tête de la commission Justice du Sénat a prévenu qu'il profiterait de cette audition pour demander des informations sur ce programme afin de déterminer s'il est légal ou non. «J'ai des questions très précises [...] nous ne pouvons pas déterminer si ce programme est conforme à la constitution si nous ne savons pas en quoi il consiste exactement.»

Malgré tout, la Maison-Blanche est prête à défendre son candidat et à répondre aux attaques des démocrates dans la perspective des élections de mi-mandat en novembre, selon le Washington Post d'hier. «Nous n'avons aucune inquiétude sur un débat public sur notre programme de surveillance de terroristes», a affirmé un responsable de la Maison-Blanche au journal sous couvert d'anonymat.


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