Nicolas Sarkozy premier ministre?

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AP
Édition du lundi 08 mai 2006

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Les conjectures sur un remaniement vont bon train en France malgré les démentis

Paris -- Malgré un démenti du palais présidentiel, les conjectures vont bon train sur une possible nomination de Nicolas Sarkozy à la tête du gouvernement français à la place de Dominique de Villepin, englué dans la mystérieuse affaire Clearstream.

L'entourage du président Jacques Chirac a répété hier, avec fermeté, que le remplacement du premier ministre n'était pas à l'ordre du jour: il garde la confiance «pleine et entière» du chef de l'État.

La crise est née d'une dénonciation calomnieuse de personnalités politiques, dont le ministre de l'Intérieur et rival de Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, faussement accusés par un mystérieux dénonciateur de détenir des comptes secrets à l'étranger par l'entremise de la société financière luxembourgeoise Clearstream.

Cette affaire, devenue un véritable feuilleton politico-judiciaire, sur fond de services secrets et de rivalités fratricides, nourrit les conjectures de la presse, et le quotidien populaire Parisien titrait hier en une: «Sarkozy à Matignon [la résidence du premier ministre], c'est possible». Pour le journal, Sarkozy, le tout-puissant président du parti gouvernemental UMP, «est désormais, à droite, le maître du jeu».

Le Journal du Dimanche affirmait de son côté qu'il y avait un «pacte Chirac-Sarkozy» scellé vendredi au cours d'un long entretien entre le président et celui qui brigue sa succession en 2007 et caracole dans les sondages.

Une proche du président de l'UMP, Nadine Morano, a plaidé ouvertement pour que Nicolas Sarkozy prenne la tête du gouvernement. Il peut sauver la fin du quinquennat, a déclaré la députée au Parisien. En revanche, le ministre délégué Christian Estrosi, un proche du ministre de l'Intérieur, estime que les conjectures sur sa nomination comme premier ministre sont «de l'intox».

Hier, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a martelé à la station de radio publique France Inter que la perspective pour Dominique de Villepin était «tout simplement de continuer sa mission de chef de gouvernement», malgré «des moments difficiles».

Et tandis qu'à droite Nicolas Sarkozy tire son épingle du jeu, à gauche, la socialiste Ségolène Royal poursuit son irrésistible ascension dans les sondages. Selon une enquête publiée hier, la présidente de la Région Poitou-Charentes est considérée par 50 % des sympathisants du parti socialiste comme «le meilleur candidat» pour la présidentielle.


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