Un pas vers la paix au Darfour

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AFP , Reuters
Édition du samedi 06 et du dimanche 07 mai 2006

Mots clés : darfour

Un accord est signé avec la principale faction rebelle mais...

Dans un camp de réfugiés au Tchad, hier

Photo: Agence Reuters

Abuja -- Le gouvernement soudanais et une faction de l'Armée de libération du Soudan (ALS), le plus important mouvement rebelle, ont signé hier un accord de paix pour le Darfour dont la viabilité dépendra de l'adhésion de deux autres groupes rebelles encore réfractaires.

Au terme d'âpres négociations, Majzoub al-Khalifa, chef de la délégation gouvernementale, et Minni Arcua Minnawi, leader de l'ALS, ont paraphé le document lors d'une cérémonie organisée à Abuja en présence d'Olusegun Obasanjo, chef de l'État nigérian.

L'hôte des négociations a salué en Minnawi un commandant militaire doublé d'un dirigeant politique.

«L'autorité s'impose lorsqu'il s'agit de prendre des décisions difficiles», a affirmé Obasanjo sous les applaudissements de l'assistance.

«Si le bon état d'esprit, la bonne attitude n'avaient pas été au rendez-vous, ce document n'aurait pas la valeur du papier sur lequel il est rédigé. L'état d'esprit qui a conduit à sa signature doit guider sa mise en oeuvre», a ajouté le président.

La faction al-Nour et un autre groupe rebelle, le Mouvement pour l'égalité et la justice (MEJ), ont rejeté l'accord.

Le texte approuvé par la faction de Minnawi est une version amendée du projet présenté par l'Union africaine (UA) à l'issue de deux années de négociations. Des diplomates occidentaux ont retouché le texte pour y rallier les rebelles.

Cependant, le chef des négociateurs de la faction al-Nour, Abdurahman Moussa, et quinze autres délégués ont désavoué hier leur chef et indiqué qu'ils entendaient s'«associer» à ce texte et «aux derniers arrangements pour la paix au Darfour», écrivent-ils.

Dans une lettre adressée à la médiation de l'UA et lue par Olusegun Obasanjo, les 16 délégués estiment que le comportement de leur chef al-Nour «n'est pas favorable au rétablissement de la paix».

Les responsables de l'UA et les partenaires internationaux de la médiation ont eu toute la journée des consultations avec les délégués de Khartoum et des deux factions du SLM pour aboutir à cette ratification, qui survient après deux ultimatums de la médiation.

L'accord de paix vise à mettre fin au conflit et à la crise humanitaire qui ravagent le Darfour depuis trois ans, faisant entre 180 000 et 300 000 morts et 2,4 millions de déplacés et réfugiés, selon des estimations internationales. Il prévoit un référendum pour que les quelque six millions d'habitants de cette région semi-désertique de 500 000 km2, située à l'ouest du Soudan, se prononcent sur le découpage administratif de la province. Les milices arabes progouvernementales Djandjawid sont accusées des pires atrocités depuis le début de la guerre au Darfour il y a trois ans: viols, massacres de civils, pillages, qui ont poussé Washington à accuser Khartoum de «génocide».


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