Un rouage controversé de la finance mondiale
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Luxembourg -- La société de droit luxembourgeois Clearstream International, qui donne involontairement son nom à l'affaire qui secoue actuellement le sommet de l'État français, est un rouage essentiel mais controversé de la finance mondiale.
Selon le site de la société luxembourgeoise, plus de 250 000 opérations de «règlement-livraison» de ce type sont effectuées chaque jour, pour des montants faramineux.
Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, des voix se sont élevées, notamment dans les mouvements alter-mondialistes comme Attac et dans des partis de gauche, pour dénoncer l'opacité d'opérations suspectées d'avoir été utilisées par des réseaux terroristes.
Selon son principal accusateur, le journaliste-écrivain français Denis Robert, Clearstream a fait office de «lessiveuse d'argent sale».
Il en voulait pour preuve l'existence de comptes anonymes ouverts par des particuliers, et non par des institutions financières.
Ces accusations ont valu début 2006 à Denis Robert une inculpation pour diffamation au Luxembourg. La justice du Grand Duché a clôturé fin 2004 sur un non-lieu son enquête pour blanchiment, faux et usage de faux et escroquerie fiscale contre Clearstream.
Clearstream s'estime «totalement étrangère» à ce qui est en passe de devenir une affaire d'État en France et a décidé le 20 avril de se constituer partie civile, invoquant un «important préjudice d'image».
Hier, le porte-parole de la société, Bruno Rossignol, s'est déclaré «extrêmement surpris» de voir le nom de Clearstream «associé à une sombre manipulation politique franco-française».

