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Un moule pour les gars
Les gars décrochent... Les gars sont en difficulté... Les gars ne performent pas autant. Sont-ce vraiment les gars, le problème? J'avancerais plutôt que les gars sont victimes!
Comme mentionne, avec justesse, Mme Marie-Johanne Lacroix, c'est souvent le manque d'intérêt qui fait décrocher les garçons. Dit autrement, je suggère que c'est l'échec du système scolaire. Le mode d'enseignement actuel n'allume pas la flamme de la passion des gars. Pire, dans certains cas, ce mode pourrait même l'éteindre...
Par exemple, mon fils en 2e secondaire m'a fait signer récemment un examen de mathématique : 58 %. Pourtant, il avait toutes les bonnes réponses, sans plagiat (il est chanceux, il a beaucoup de facilité en math). Son 58 % était expliqué parce qu'il n'avait pas démontré toutes les étapes de la résolution des problèmes. Ces problèmes étaient probablement trop simples et il en faisait l'analyse dans sa tête. Pourquoi perdre du temps à écrire ce qui est, pour lui, évident, soit des détails sans importance? Une telle approche corrective peut être bien suffisante pour éteindre une flamme, surtout si elle se répète.
Cette méthode d'enseigner, de donner plus d'importance au format qu'au résultat, va à l'encontre de l'approche masculine. On le sait, les hommes ont parfois plus de difficultés à suivre les règles, surtout si elles sont perçues comme inutiles. Mes filles d'ailleurs démontrent beaucoup plus de facilité à accepter une telle exigence professorale.
Sans vouloir diminuer la valeur des étudiants capables de suivre les règles, je me questionne sur le type de citoyens que nous voulons. Des suiveux de règles ou des innovateurs? Des citoyens de résultats ou de formes? Notre système scolaire actuel éteint les flammes de passion de très nombreux étudiants - hommes et femmes. Il est temps de revoir nos méthodes.
L'avenir de notre société et de son statut à l'échelle mondiale dépendra en partie de la capacité de ses citoyens à innover. Éteindre la passion d'apprendre de nos jeunes ne nous aidera certainement pas à atteindre cet objectif.
Félicitations d'ailleurs à Marie-Johanne Lacroix, directrice du Cégep de Granby-Haute-Yamaska et présidente du Carrefour de la réussite au collégial, pour son approche de pédagogie active. Elle semble avoir trouvé un moule adapté au genre masculin.
