Conseil général du PLC-Q à Drummondville - Paul Martin veillera sur les candidats à sa succession
Mots clés : drummondville

Photo: Jacques Nadeau
«Ce sera une belle démonstration de franche camaraderie!», a lancé un membre du parti, sous le couvert de l'anonymat.
La visite de M. Martin à Drummondville constituera sa première apparition publique au Québec depuis sa défaite électorale, le 23 janvier. Plus tôt cette semaine, il a rencontré des autochtones en Nouvelle-Écosse.
Pour les candidats à l'investiture, la rencontre québécoise est d'une importance cruciale. Huit des dix candidats déclarés sont ontariens et les deux autres, le Néo-Écossais Scott Brison et le Québécois Stéphane Dion, ne disposent pour l'instant que d'organisations embryonnaires au Québec.
En fait, seuls le député et intellectuel Michael Ignatieff et l'ancien premier ministre ontarien Bob Rae ont réussi, jusqu'à présent, à réunir une équipe digne de ce nom au Québec. Des aspirants toujours en réflexion, comme l'ex-ministre John McCallum, seront aussi à Drummondville.
Pour les candidats, le temps presse. Ils ont jusqu'au 1er juillet pour vendre des cartes de membre afin d'influencer la sélection des délégués qui éliront le prochain chef. Le congrès au leadership aura lieu les 2 et 3 décembre au Palais des congrès de Montréal.
Finances précaires
L'aile québécoise (PLC-Q) compte grandement sur l'adhésion de nouveaux membres et le retour de brebis égarées pour boucler son budget 2006. Le conseil de direction du PLC-Q s'est fixé comme objectif de vendre 28 000 cartes cette année, alors que tout juste 25 000 Québécois sont actuellement membres du parti. En 2004, ils étaient près de 100 000.
Or, jusqu'ici, les candidats au leadership n'ont réquisitionné que 700 formulaires d'adhésion au parti, selon une source bien informée qui a requis l'anonymat. Certains libéraux imputent ce lent début de course au coût de la carte, qui vient de passer de 5 à 10 $, dans le but justement de renflouer les coffres du PLC-Q.
Le président de l'aile québécoise, Robert Fragasso, assure que le rythme s'accélérera au cours des prochaines semaines.
«La course à la direction crée une effervescence, soutient-il au cours d'un entretien téléphonique. Je suis confiant que nous atteindrons notre objectif; je surveille la situation sur une base hebdomadaire.»
Les finances du PLC-Q pourraient néanmoins s'en ressentir si le nombre de nouveaux membres devait être moins élevé qu'anticipé. Pas moins du tiers du budget 2006 (280 000 sur 840 000 $) doit provenir des cartes de membre, d'après les prévisions du conseil de direction. Le reste proviendra du siège d'Ottawa (500 000 $) et des associations de circonscription. «Il y a toujours moyen d'apporter des révisions au budget», glisse M. Fragasso.
Conséquence de la perte du pouvoir et de la situation précaire du parti au Québec, le PLC-Q a licencié du personnel ces dernières semaines. Les employés qui sont restés, y compris les directeurs, ont tous accepté des baisses de salaire pour maintenir la barque à flots. On a aussi renégocié le bail des locaux montréalais, ce qui aurait entraîné des économies de 60 % pour le parti.
L'aile québécoise est toujours en pourparlers avec le bureau d'Ottawa en vue d'obtenir le remboursement de sa dette de 1,8 million. En mars, le président national du parti, Mike Eizenga, assurait que ce montant serait acquitté d'ici la fin de l'année, mais Robert Fragasso n'a pas voulu hier fixer d'échéancier.
Ce dernier promet toutefois qu'il y aura toujours une aile québécoise, malgré l'examen des structures du parti que mène actuellement le siège d'Ottawa.
Le chef intérimaire libéral, Bill Graham, prononcera un discours pour conclure le conseil général, en fin d'après-midi aujourd'hui.

