Un 50e anniversaire - En ville et sur l'île

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Pierre Vallée
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 avril 2006

Mots clés :

Mots, danse, musique et images mis en circuit

Cinquante ans, ça se fête et ça se souligne. C'est exactement ce qu'a l'intention de faire le Conseil des arts de Montréal tout au long des douze prochains mois. Et quoi de plus approprié que la création d'activités culturelles qui viendront, chacune à sa manière, souligner le cinquantenaire de l'organisme. Bref aperçu des activités proposées.

Commençons par la littérature. Il y aura en premier la diffusion de cartes postales écrites par 10 auteurs de la relève littéraire de Montréal. Ces dix auteurs sont: Nicolas Dickner, Kim Doré, Nelly Arcan, Tania Langlais, Martine Desjardins, Marie-Hélène Poitras, Jeffrey Moore, Jason Camlot, Guillaume Vigneault et Serge Lamothe.

Dans le cadre du projet «Les mots de la relève», ces mêmes auteurs présenteront une série de lectures publiques dans de multiples lieux de diffusion municipaux. Ce programme est réalisé en collaboration avec l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et Montréal, capitale mondiale du livre. De plus, côté écriture, le Conseil des arts de Montréal en profitera pour publier un livre racontant son histoire.

Sur scène

Les arts de la scène ne seront pas en reste puisque les spectateurs pourront assister au spectacle Les Événements de la pleine lune qui fera l'objet d'une tournée dans l'île en collaboration avec Danse-Cité. Selon le lieu de la présentation, le spectacle mettra en scène un nombre varié, mais égal, de danseurs et de musiciens, tant de la relève que de la maturité, qui improviseront leur performance.

Les participants en danse sont Louise Bédard, Marc Boivin, Nicolas Filion, Élinor Fuetor, Andrew Harwood, Emmanuel Jouthe, Geneviève La, Daniel Soulières, Jonathan Turcotte et Catherine Viau. Les musiciens sont Mélanie Auclair, Antoine Berthiaume, Nicolas Caiola, Michel F. Côté, Jean Derome, Lori Freedman, Joane Hétu, Diane Labrosse, Philippe Lauzier et Pierre Tanguay.

«Les levers de rideaux» est une activité qui sera présentée avant les représentations théâtrales qui font l'objet d'une tournée dans le cadre du programme du Conseil des arts de Montréal. Un des trois interprètes suivants, soit Maxime Dénommé, Andrée Lachapelle et Monique Miller, lira un extrait d'un des 40 textes d'auteurs québécois sélectionnés par le Centre des auteurs dramatiques (CEAD). Cette tournée est présentée en collaboration avec le CEAD, qui fête cette année ses 40 ans.

En musique

Du côté de la musique, le Conseil des arts de Montréal a choisi de commander une oeuvre symphonique originale à la compositrice Emily Doolittle, qui sera créée par l'Orchestre métropolitain du Grand Montréal sous la direction de Yannick Nézet-Séguin le printemps prochain.

Le parcours de cette jeune compositrice de 33 ans, qui a élu domicile à Montréal il y a trois ans, mérite d'être mentionné. Née à Halifax, elle se met au piano à 6 ans et au hautbois à 12 ans. En 1995, elle obtient son baccalauréat en composition de l'université Dalhousie, suivi d'une maîtrise à l'Université de l'Indiana. Une bourse Fulbright lui permet d'aller étudier à Amsterdam. Elle poursuit ensuite ses études de doctorat à l'Université Princeton.

Pourquoi avoir choisi donc de s'installer à Montréal? «Je crois que Montréal est une des plus belles villes culturelles du monde, qui se compare avantageusement aux villes européennes.» Quelques-unes de ses oeuvres ont déjà été jouées à Montréal, notamment par le McGill Contemporary Music Ensemble et l'Ensemble contemporain de Montréal.

Quant à l'oeuvre commandée, d'une durée de 10 minutes, elle s'articulera autour des armoiries de Montréal, qui comprennent une référence à la France, à l'Écosse, à l'Irlande et à l'Angleterre. Difficile pour elle en ce moment de décrire l'oeuvre puisqu'elle n'est pas complétée. «Je sais que je vais m'intéresser aux musiques traditionnelles de ces pays et ça sera sans doute autour de la gigue, mais évidemment pas une gigue traditionnelle. Ça me correspond parce qu'il y a déjà dans ma musique une inspiration qui provient de la musique du folklore et de la danse.»

Par l'image

En plus d'une tournée de l'exposition Îuvre de prix, où l'on pourra admirer 19 des 20 oeuvres récipiendaires du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, et d'une commande de 50 épreuves d'une gravure originale à l'artiste Denis Juneau, le Conseil des arts de Montréal s'est encore une fois tourné vers la relève pour souligner son anniversaire dans les arts visuels en commandant une oeuvre à l'artiste montréalaise J. R. Carpenter.

Cette oeuvre a ceci d'unique qu'elle n'existe que sur Internet et fait partie de ce que l'on appelle les arts médiatiques. Cette oeuvre, réalisée en collaboration avec le Centre de création et de diffusion Oboro, s'intitule Entre Ville. «À partir d'un poème que j'avais écrit et diffusé sur Internet, intitulé Saint Urbain Street Heat, j'ai voulu aller plus loin et créer une représentation de mon quartier, le Mile-End, le lieu de ma vie de tous les jours.»

Formée en sculpture à l'université Concordia, c'est au début des années 1990 qu'elle fait la connaissance d'Internet et découvre par la suite toutes les possibilités artistiques de ce qu'elle considère, au fond, comme un nouveau médium. J. R. Carpenter est aussi écrivaine -- une de ses nouvelles a remporté un prix décerné par la Québec Writers Association -- et elle aime bien allier paroles et images. «C'est précisément ce qu'Internet me donne. C'est une façon de travailler qui offre beaucoup de liberté.»

Et pas seulement sur le plan artistique. «Les arts médiatiques ne sont pas coûteux et l'on peut travailler à sa guise. Ensuite, ça nous permet de distribuer notre oeuvre partout dans le monde et de rejoindre des gens qui autrement ne pourraient pas vous connaître.» On peut apprécier Entre Ville en allant sur le site Internet d'Oboro (oboro.net) ou sur le site personnel de J. R. Carpenter (luckysoap.com), où ses autres oeuvres sont aussi disponibles.

Tout un programme donc pour célébrer le 50e anniversaire du Conseil des arts de Montréal. Une célébration qui sera complétée par d'autres activités en provenance des institutions culturelles montréalaises, qui ont accepté de saisir l'occasion pour souligner la contribution à la vie culturelle du Conseil des arts de Montréal.

Collaborateur du Devoir


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