Le Sénat, premier test pour Prodi
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Rome -- L'investiture du nouveau Parlement italien et l'élection du président du Sénat devraient donner aujourd'hui une première indication précise de la capacité de Romano Prodi à gouverner et à maintenir la cohésion de son alliance de centre gauche.
Les politologues sont unanimes à estimer que si Prodi échoue à préserver l'unité de ses troupes pour l'élection à la présidence du Sénat, moins de trois semaines après les législatives, l'Italie entrera dans une période d'instabilité politique et des élections anticipées ne seront pas exclues.
En revanche, un succès le placerait sur de bons rails et, à en croire la presse italienne, le président Carlo Azeglio Ciampi pourrait même accepter de le désigner président du Conseil dans les jours suivants, ce qui accélérerait le calendrier politique.
Le septennat de Ciampi s'achève le 18 mai. Initialement, le président voulait laisser à son successeur, élu à bulletins secrets par les députés et les sénateurs les 12 et 13 mai, le soin d'investir le futur premier ministre. Mais les inquiétudes relatives à un vide du pouvoir prolongé pourraient le persuader de confier les clefs du gouvernement à Prodi avant de se retirer.
Silvio Berlusconi, qui refuse de reconnaître la victoire de Prodi, a convaincu Giulio Andreotti, figure historique de la politique italienne de l'après-guerre, d'être son candidat à la présidence du Sénat.
Le choix de cet homme âgé de 87 ans, qui fut sept fois président du Conseil avant de comparaître devant un tribunal pour collusion avec la mafia, est particulièrement habile puisqu'il compte des sympathisants au sein du centre gauche.
Face à lui, Prodi défend le modéré Franco Marini, du parti centriste de la Marguerite.

