Les pelleteuses se mettent en action à Ground Zero
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Photo: Agence France-Presse
Ils ont ensuite serré les mains des ouvriers coiffés de casques portant le slogan «Freedom Tower, World Trade Center».
Premier chantier engagé, celui de la «tour de la Liberté», haute de 541 m (1776 pieds, en référence à l'année de l'indépendance américaine) et pièce maîtresse de l'ensemble censé remplacer les tours jumelles détruites. 2749 personnes ont péri sur le site.
«Ce sera le symbole de notre liberté et de notre indépendance, a déclaré le gouverneur Pataki. Nous n'allons pas construire à ras de terre à cause de la guerre contre le terrorisme. Nous allons atteindre de nouveaux sommets et réaffirmer la ligne de gratte-ciels de New York avec ce symbole magnifique.»
Le démarrage a été permis par un accord conclu mercredi, après des mois de blocage, entre le propriétaire public du terrain et le détenteur du bail du site, qui ne parvenaient pas à s'entendre sur qui construirait et financerait quoi.
Selon cet accord, M. Silverstein construira et gérera trois immeubles. Il construira aussi la «tour de la Liberté» mais en confiera ensuite la gestion à l'Autorité portuaire. Le cinquième gratte-ciel prévu par les plans sera en revanche construit par un autre promoteur.
Jeudi, il s'est dit «très ému» par le début du chantier. «Ce qui est si spectaculaire est cette occasion de pouvoir se rassembler, comme nous l'avons fait ces derniers jours,
au nom de la reconstruction du Trade Center.»
L'ensemble devrait être achevé d'ici 2012. La «tour de la Liberté», avec sa hauteur record (antenne incluse), ses 69 étages de bureaux, son observatoire de verre et son sommet éclairé «comme la torche de la statue de la Liberté», devrait être finie en 2011.
Un monument aux victimes, avec des bassins construits sur les fondations des deux tours disparues, est également prévu pour 2009.
La cérémonie d'hier pourrait cependant avoir du mal à faire oublier les grincements et les retards d'un projet de reconstruction pourtant déjà décidé il y a plus de trois ans mais représentant les intérêts les plus divergents, économiques, politiques, artistiques ou des familles.
Sous la houlette de l'architecte américain d'origine polonaise Daniel Libeskind, choisi après un concours international, le plan, qui incluait déjà la «tour de la Liberté», avait été annoncé en avril 2003.
Mais tout a ensuite été largement revu, Silverstein, responsable de la reconstruction car bénéficiaire des assurances, poussant notamment pour un site comprenant plus d'espaces de bureaux et marginalisant peu à peu Libeskind au profit de l'architecte de son choix, l'Américain David Childs.
Tandis que l'opposition de familles poussait à l'abandon du projet de Centre international de la liberté, il ne semble plus question non plus d'inclure désormais des institutions culturelles sur le site.
La «tour de la Liberté» elle-même a fait l'objet de trois plans différents, David Childs proposant finalement en juin 2005 un gratte-ciel avec une base d'acier et de titane capable de résister à une forte déflagration.
À ce stade, Ground Zero est encore un trou béant. Depuis les attentats, la station de métro est la seule structure à y avoir été érigée.

