Bob Rae courtise lui aussi le Québec
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L'ex-premier ministre devient le 8e candidat à la direction du PLC

Photo: Agence Reuters
«La question de l'unité du pays, d'un fédéralisme beaucoup plus ouvert et flexible, c'est essentiel, c'est important pour le Parti libéral, c'est important pour moi et pour le pays», explique d'entrée de jeu M. Rae en entrevue téléphonique avec Le Devoir. Il s'agit, dit-il, de sa priorité. M. Rae pense que le prochain chef libéral devra se faire voir au Québec si le PLC veut y améliorer sa cote de popularité. Il commencera lui-même son opération de visibilité dès samedi en se rendant à Drummondville à l'occasion du conseil général de l'aile québécoise du PLC, afin de serrer la main des militants. Jacques Saada, l'ex-député de Brossard-La Prairie défait en janvier, présidera sa campagne au Québec.
Vision dichotomique
Le «mais» n'est jamais bien loin dans la bouche de M. Rae lorsqu'il aborde les questions de compétences entre les deux ordres de gouvernement. Oui, pour le respect des compétences provinciales, martèle M. Rae, «mais il faut respecter aussi la juridiction et la réalité d'un gouvernement fédéral et la nécessité d'avoir la coopération entre les provinces», ajoute-t-il. «En Europe, il y a moins de murs entre les pays européens qu'il y en a entre les provinces canadiennes, et c'est à ça qu'il faut s'attaquer avec un esprit d'ouverture. Je crois à l'importance du rôle du fédéral à faciliter les choses.»
Dans son discours de lancement hier soir, M. Rae a déclaré que «le fédéralisme sage s'assure que le gouvernement fédéral conserve toujours sa capacité d'imprégner une direction». Il a aussi mis en garde les militants contre «l'affaiblissement fatal de notre gouvernement national». Ce qu'il entend par là? «Je fais référence à cette attitude voulant que le gouvernement fédéral perde sa capacité d'avoir une relation avec les citoyens canadiens sur des sujets qui touchent à l'avenir du pays», explique-t-il en entrevue. Jamais il ne nommera le premier ministre Stephen Harper, qui a fait campagne au Québec en promettant de réduire le champ d'action du gouvernement fédéral. Tout au plus Bob Rae rappellera-t-il que son adversaire avait milité contre l'accord du lac Meech que lui appuyait.
Bob Rae veut bien reconnaître qu'Ottawa reçoit plus d'argent qu'il en a besoin, mais pas question pour autant de le châtrer. «J'ai été le chef d'une province, alors j'en sais quelque chose, rappelle-t-il. Il n'y a pas de doute que les obligations des provinces en éducation et en santé par exemple sont beaucoup plus grandes que les moyens financiers qu'elles ont. Alors je comprends tout à fait la discussion qu'elles ont sur le déséquilibre fiscal. Mais, en même temps, on doit entrer dans cette discussion avec une certaine ouverture à reconnaître les tâches du gouvernement fédéral. Il n'est pas question que le gouvernement fédéral devienne un check clearing service [un service de collecte de fonds] pour les provinces!»
Le discours d'hier soir comportait un passage non négligeable sur le Québec. «Je pense que les Québécois veulent mettre de côté les débats stériles [...] pour s'attaquer aux vraies questions de l'heure», a-t-il lancé à la foule. «Je crois sincèrement que les Québécois diront toujours oui au Québec et oui au Canada.» Michael Ignatieff, un autre candidat poids-lourd de cette course, avait lui aussi insisté sur la question québécoise en lançant sa campagne.
M. Rae, 57 ans, a une longue carrière politique derrière lui. Il a d'abord été élu en 1978 à la Chambre des communes sous la bannière néo-démocrate. Il y est resté jusqu'en 1982, date à laquelle il est parti diriger le NPD sur la scène provinciale ontarienne. À la surprise générale, y compris la sienne, il a remporté l'élection générale de 1990 et a dirigé la province jusqu'en 1995. Le sort a joué contre lui: l'économie allait mal et il a plongé la province dans un déficit. Plusieurs observateurs de la scène politique estiment que les Ontariens conservent une mauvaise opinion de lui, ce qui pourrait lui nuire dans cette course. Le principal intéressé n'en croit rien.
«J'ai dû gouverner pendant une période très difficile de la province. Je crois que j'ai quitté [mon poste] en 1995 avec le respect des Ontariens. Tout le monde reconnaît que c'était une période difficile.» Puis il ajoute, à la blague: «Je n'ai pas découvert de pétrole, c'est vrai!»
M. Rae entend aussi insister pendant la campagne sur l'importance de l'apprentissage et en appelle à un «bilan fédéral sur l'apprentissage». Il veut aussi insister sur l'importance pour le Canada de respecter le protocole de Kyoto sur les changements climatiques, ce qui, selon lui, pourrait lui gagner le coeur des Québécois. Stéphane Dion fait aussi campagne sur ce thème.
Outre M. Rae, la députée torontoise Carolyn Bennett s'est elle aussi lancée dans la course hier. Les autres candidatures confirmées sont: l'ex-ministre Stéphane Dion, l'universitaire nouvellement élu à Toronto Michael Ignatieff, le transfuge Scott Brison, la militante torontoise Martha Findlay Hall et les députés Maurizio Bevilacqua et Joe Volpe. L'ex-ministre et hockeyeur Ken Dryden devrait se lancer prochainement tout comme l'ex-ministre ontarien de l'Éducation, Gerard Kennedy.
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La fierte,moteur essenciel a la cooperation - par marcel vinet (marcel.vinet@sympatico.ca)
Le dimanche 19 novembre 2006 08:00

