Quatre autres opposants sont morts hier - Couvre-feu au Népal
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Katmandou veut empêcher la tenue de la grande manifestation d'aujourd'hui

Photo: Agence Reuters
«Quiconque violera le couvre-feu sera cible de tirs à vue», a ajouté M. Ghimire.
La répression est montée d'un cran hier avec la mort de quatre manifestants tués par les forces de l'ordre dans l'est du pays, le bilan le plus lourd en une journée depuis le début du mouvement, qui porte à dix le nombre d'opposants tués.
L'opposition, qui a lancé il y a 15 jours son mouvement pour rétablir la démocratie, a toutefois maintenu son mot d'ordre pour aujourd'hui.
Tous les rassemblement publics sont déjà interdits et, outre les dix morts, des dizaines de personnes ont été blessées, des milliers arrêtées -- près de 4000 selon l'ONU.
Le gouvernement a justifié sa décision en arguant que la manifestation «allait être violente».
Dans le district de Jhapa, dans l'est du pays, quatre manifestants ont été tués par les forces de l'ordre, selon des témoins. «Quatre manifestants ont été tués et des dizaines ont été blessés lorsque des soldats et des policiers ont ouvert le feu dans tous les sens à Chandragadhi cet après-midi», a déclaré Arjun Basnet, membre d'une organisation réputée de défense des droits de l'homme au Népal, INSEC (Informal Sector Service Centre).
Les tirs ont commencé alors que la foule tentait d'entrer dans le centre de la ville où les rassemblements étaient interdits, selon des témoins.
À Katmandou, les manifestations et les arrestations se sont poursuivies. À Pokhara, 250 enseignants ont été arrêtés, selon un journaliste local, Dinesh Regmi.
À Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme a appelé les autorités népalaises à ne pas réprimer la manifestation d'aujourd'hui et a dénoncé l'attitude des forces de l'ordre.
Le roi du Népal a limogé le gouvernement et assumé les pleins pouvoirs en février 2005, promettant d'écraser une insurrection maoïste qui a fait plus de 13 000 morts en dix ans.
Le monarque fait l'objet de pressions internationales l'engageant à céder aux revendications des partis d'opposition. Les États-Unis et l'Inde figurent parmi les puissances ayant appelé le roi à rétablir la démocratie.
Signe que le monarque pourrait céder à ces pressions, les leaders de deux des partis mobilisés dans les manifestations -- le Parti communiste et le Congrès népalais -- ont été libérés hier à Katmandou.

