Iran : les grands ne s'entendent pas sur la stratégie à suivre
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George Bush n'a exclu aucune option, y compris militaire, pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire
Moscou -- Les représentants des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Allemagne se sont entretenus hier à Moscou de la possibilité d'exercer des sanctions contre l'Iran, mais ils ne se sont pas entendus sur la marche à suivre dans la crise liée au dossier nucléaire iranien.Le président américain, George W. Bush, n'a pour sa part exclu aucune option hier, y compris militaire, pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. «Toutes les options sont sur la table», a-t-il déclaré. «Nous voulons résoudre ce problème par la diplomatie et nous travaillons dur pour cela», a-t-il toutefois ajouté.
Le président ultraconservateur iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a riposté par avance à ces menaces voilées en affirmant, lors d'un défilé militaire très démonstratif, que l'armée iranienne «couperait la main de tout agresseur».
Dans la soirée, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Chine, Grande-Bretagne, Russie, France) et l'Allemagne, membre de la troïka européenne sur l'Iran avec Londres et Paris, ont eu des discussions à huis clos à Moscou.
Pas d'entente
«Il n'y a pas eu de percée», a indiqué peu après une source proche des négociations, citée par l'agence russe Interfax. La rencontre s'est tenue au niveau des directeurs politiques ou vice-ministres des Affaires étrangères.
Les discussions doivent se poursuivre ce matin au niveau des directeurs politiques des pays du G8, un rendez-vous prévu de longue date et destiné à préparer le sommet de Saint-Pétersbourg (Russie) en juillet.
Les grandes puissances doivent trouver un accord sur les efforts diplomatiques à mener et les éventuelles sanctions à prendre, alors que Téhéran a fait état le 13 avril de progrès substantiels dans l'enrichissement d'uranium, ce qui ouvre la porte à des activités nucléaires civiles mais aussi militaires.
Pessimisme
La Russie et la Chine sont représentées par leurs vice-ministres des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak et Cui Tiankai, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne par les directeurs des affaires politiques de leur ministère des Affaires étrangères (Stanislas de Laboulaye, Michael Schaefer et John Sawyers).
Le Conseil de sécurité a donné jusqu'au 28 avril à l'Iran pour cesser ses activités d'enrichissement. D'ici là, aucune percée diplomatique majeure ne devrait survenir, soulignent les experts.
Les États-Unis sont favorables à des mesures sévères contre l'Iran et étudient d'éventuelles sanctions. Mais Moscou et Pékin, qui y sont opposés, estiment qu'il reste toujours des chances de parvenir à une solution diplomatique.
«Nous sommes convaincus que ni les sanctions, ni la force ne conduiront à une solution du problème», a répété hier le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Kamynine.
Par ailleurs, des inspecteurs de haut rang de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) arriveront vendredi en Iran, où ils se rendront notamment sur le site d'enrichissement de l'uranium de Natanz, a-t-on appris hier de source iranienne autorisée.
D'après l'agence officielle de presse Irna, la délégation de l'AIEA sera conduite par Olli Heinonen, adjoint d'el-Baradeï et directeur du département des garanties de non-prolifération. Un diplomate relève que sa présence laisse entendre que l'Iran pourrait fournir à l'AIEA des informations jusque-là passées sous silence.

