Déby brandit le spectre d'une guerre civile - Le Tchad met en cause le Soudan et critique l'UA

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AFP , Reuters
Édition du mercredi 19 avril 2006

Mots clés :

Uneraffiche électorale du président Idriss Déby.

Photo: Agence Reuters

N'Djamena -- Le Tchad a poursuivi hier son réquisitoire contre «l'agresseur» soudanais, l'accusant de réarmer la rébellion du Front uni pour le changement (FUC) en vue de nouvelles attaques, et il a remis en cause la retenue de l'Union africaine (UA) à l'endroit du régime de Khartoum.

Après le chef de la diplomatie tchadienne, lundi, le chef de l'État, Idriss Deby Itno, est lui-même monté au créneau pour dénoncer le réarmement et la reconstitution des forces rebelles engagées selon lui par le Soudan.

Le Tchad accuse depuis des mois le Soudan d'être derrière les raids menés sur son territoire par les rebelles du FUC, ce que les autorités de Khartoum comme les rebelles du FUC ont toujours catégoriquement démenti. Toutefois, l'implication du Soudan dans une tentative de «déstabilisation» du Tchad ne fait plus guère de doutes dans de nombreuses capitales.

Dans ce climat d'extrême tension entre son pays et le Soudan, le président Deby a dénoncé hier la «politique de l'autruche» de l'UA, lui reprochant de ne pas condamner assez fermement Khartoum.

Le chef de l'État tchadien s'est entretenu hier avec un émissaire du président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, après avoir reçu la veille un représentant de la Libye, qui a annoncé avoir entamé une médiation entre le Tchad et le Soudan.

Le sous-secrétaire d'État américain chargé des Affaires africaines, Donald Yamamoto, est également attendu au Tchad avant la fin du mois, cette fois pour tenter de dénouer le conflit qui oppose ce pays à la Banque mondiale (BM) sur la gestion de ses revenus pétroliers.

Le président Déby, a évoqué hier le risque d'un embrasement similaire à celui survenu en Côte-d'Ivoire si l'élection présidentielle devait être reportée. «S'il n'y a pas d'élection, [...] il y aura un vide constitutionnel et il n'est pas exclu qu'on assiste à une guerre civile généralisée, facilitée par le régime de Khartoum», a déclaré le chef de l'État.


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