Le mois prochain - Michaëlle Jean se rendra en Haïti pour l'entrée en fonctions de René Préval
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Photo: Agence Reuters
Mme Jean est née à Port-au-Prince en 1957. Son père, Roger Jean, était un enseignant qui a été poussé à l'exil par le régime dictatorial de François Duvalier. Michaëlle Jean, sa mère et sa soeur, l'ont rejoint à Montréal
en 1968.
«Depuis la petite fille [...] qui a vu ses parents, sa famille, ses amis aux prises avec les horreurs d'une dictature sans merci, jusqu'à la femme qui se tient devant vous aujourd'hui, c'est tout un apprentissage de la liberté qui a vu le jour», avait déclaré Mme Jean dans son premier discours comme gouverneure générale, en septembre dernier.
Défi logistique
Le voyage constitue un véritable défi logistique pour le bureau de Mme Jean. À ce jour, le ministère des Affaires étrangères déconseille à tous les Canadiens de se rendre à Haïti, et invite les citoyens dont la présence là-bas n'est pas essentielle à envisager de partir.
«Les activités criminelles, les représailles de la police et l'anarchie persistent sur le territoire. Les autorités locales ne sont pas en mesure d'assurer la sécurité des personnes et il n'y a plus de policiers dans certaines villes», peut-on lire dans un avertissement du ministère des Affaires étrangères à l'intention des voyageurs.
Mme Jean, une ancienne journaliste de Radio-Canada, est déjà retournée à Haïti par le passé, et avec son mari Daniel Lafond, elle a adopté leur fille, Marie-Éden, il y a sept ans, à Jacmel, la ville d'où vient sa famille.
En février, Mme Jean avait évoqué l'élection qui a porté René Préval à la présidence, disant se féliciter de la réussite de ce scrutin, mené en toute sécurité et avec un taux élevé de participation. Mais on ignore son point de vue sur l'implication controversée du Canada à Haïti au cours des deux dernières années.
Le prédécesseur démocratiquement élu et associé de M. Préval, Jean-Bertrand Aristide, a été renversé par des rebelles en 2004.
Les États-Unis ont fourni l'avion qui a aidé M. Aristide à fuir le pays, mais il n'a obtenu aucune aide pour lui permettre de reprendre le pouvoir.
Les États-Unis et le Canada, de même que d'autres pays, ont continué à envoyer de l'argent à Haïti pour appuyer le gouvernement intérimaire du premier ministre Gérard Latortue.
Le Canada consacre 180 millions de dollars en aide à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, la MINUSTAH.
Amnistie internationale a critiqué le gouvernement Latortue, lui reprochant des atteintes aux droits de la personne et son manque d'efforts véritables pour désarmer la population.

