Financement politique - Les libéraux dans l'embarras
Mots clés : conservateurs
Les conservateurs ont décidé d'appliquer immédiatement les nouvelles règles du jeu

Photo: Agence Reuters
Le but est évidemment d'indisposer le Parti libéral, qui s'oppose ouvertement aux modifications visant à faire passer de 5000 $ à 1000 $ par année le montant maximal des contributions qu'un particulier peut verser à un parti enregistré. Le projet de loi propose aussi d'interdire tout don d'entreprise ou de syndicat. Actuellement, la limite à cet égard est de 1000 $ par année.
«Je n'accepte pas que ce soit malpropre de faire une contribution en fonction de la loi actuelle, lance le directeur général du Parti libéral du Canada (PLC), Steven MacKinnon. Lorsque le projet de loi entrera en vigueur, nous allons l'appliquer, mais pas avant.»
Il faut dire que les libéraux sont en pleine course à la direction et qu'en fonction des dispositions du projet de loi conservateur, un particulier ne pourrait pas verser plus de 1000 $ à un candidat au leadership. Actuellement, le seuil est de 5200 $.
De plus, les libéraux continuent de dépendre davantage des dons de plus de 1000 $ que les conservateurs, habitués à récolter de petits montants d'un grand nombre de partisans. Les libéraux traînent une dette de quatre millions de dollars, qu'ils espèrent effacer d'ici la fin de l'année.
«Ce n'est un secret pour personne que c'est le Parti libéral qui a été le plus affecté» par la précédente réforme électorale, mise en place par le gouvernement de Jean Chrétien en 2003-04, souligne M. MacKinnon. Cette loi, modelée sur celle adoptée au Québec en 1977, a imposé des seuils de 1000 $ et de 5000 $ à des dons qui pouvaient auparavant être illimités.
Attaque anti-PLC?
En fait, le directeur général du PLC voit carrément dans l'initiative du gouvernement conservateur une façon de s'en prendre à son parti. «[Le premier ministre] Stephen Harper a pour obsession totale de réaligner le champ de bataille politique canadien et il veut passer sous la rubrique de l'imputabilité des réformes qui, il le sait, nuiront à ses opposants politiques», martèle Steven MacKinnon.
Les libéraux entendent donc se battre contre les changements prévus par le projet de loi. «L'aile parlementaire libérale fera ce qu'elle voudra, mais, pour ce qui est de l'institution du parti, nous nous opposons à ces changements», prévient M. MacKinnon, en précisant que les députés libéraux souhaitaient discuter de la question avec les conservateurs.
De leur côté, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique n'ont pas l'intention, eux non plus, d'appliquer immédiatement les dispositions du projet de loi sur l'imputabilité.

