L'élection partielle dans Sainte-Marie-Saint-Jacques est remportée par Martin Lemay - Le PQ conserve son bastion
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Québec solidaire obtient 22 % des votes

Photo: Jacques Nadeau
Effondrement de l'ADQ
L'Action démocratique du Québec s'est effondrée obtenant à peine 2 % des suffrages exprimés. Le candidat du Parti vert, Jean-Christophe Mortreux, a déclassé le parti de Mario Dumont en obtenant trois fois plus d'appui populaire (6 %). Les deux candidats indépendants, Jocelyne Leduc et Régent Millette, n'ont réussi à eux deux qu'à recueillir 0,6 %.
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, ne cachait pas sa joie en fin de soirée après avoir sillonné la circonscription à plusieurs reprises au côté de son candidat. «Notre programme, c'est la meilleure synthèse des intérêts économiques, sociaux et culturels du Québec. Mais on est entré dans cette campagne sans rien prendre pour acquis. On a travaillé fort. S'il y a un domaine où l'ancienneté n'existe pas, c'est bien la politique. [...] Martin Lemay a réussi à mobiliser nos membres, notre organisation. Il récolte ce qu'il a semé pendant la campagne», a affirmé M. Boisclair.
Bastion péquiste
Depuis 1970, Sainte-Marie-Saint-Jacques est un bastion péquiste. Le Parti libéral y a fait une brève incursion de 1983 à 1985 après le départ de Claude Charron.
Martin Lemay a une feuille de route surtout en politique municipale. Il a été conseiller municipal dans l'équipe de Vision Montréal de l'ancien maire Pierre Bourque. Il avait démissionné en 1997 avec fracas avant de revenir aux côtés de M. Bourque pour l'élection de 2001. Jusqu'à l'automne dernier, il assumait les fonctions de maire de l'arrondissement Ville-Marie, ce qui correspond au centre-ville.
Souverainiste de longue date, M. Lemay a également travaillé auprès de l'ancien député Boulerice. De 1999 à 2001, il a été adjoint du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, dans sa circonscription de Laurier-Sainte-Marie qui chevauche la circonscription provinciale de M. Lemay.
Dans cette élection partielle, le PQ craignait quelque peu que Québec solidaire ne l'écorche sur sa gauche. Le PLQ entretenait l'espoir d'une poussée plus importante encore de Québec solidaire ce qui aurait permis à Nathalie Malépart de se faufiler.
Reste que Québec solidaire a obtenu un score nettement plus important que son objectif initial de 15 % ce qui pourrait donner au parti une certaine crédibilité. «L'enthousiasme est difficile à contenir», s'est exclamé Amir Khadir, un des deux porte-parole de Québec solidaire. «C'est la preuve que Québec solidaire existe et qu'il est devenu incontournable sur la scène politique», s'est-il réjoui. Mais cet «excellent début» n'est peut-être pas une garantie pour les prochaines élections générales; les idées de gauche semblent recevoir un accueil favorable surtout sur l'île de Montréal. «On est dans une vague mondiale, a assuré M. Khadir. Je pense qu'ici on va réussir à ratisser plus large. Je souhaite que l'on puisse s'unir avec les verts. Ensemble, nous aurions obtenu la deuxième place.»
Faible taux de participation
En début de soirée, la bataille se faisait pour la deuxième place. Québec solidaire espérait reléguer le Parti libéral du Québec au troisième rang. Nathalie Malépart, qui a fait une campagne en misant notamment sur ses racines dans la circonscription, son engagement communautaire et en rappelant l'action politique de son père, le défunt député Jean-Claude Malépart, figure populiste pendant près de deux décennies, a réussi à empêcher une dégringolade du vote libéral.
Il faut toutefois noter que les 42 370 électeurs de la circonscription se sont fait tirer l'oreille pour aller voter. À 17h, le taux de participation frôlait à peine les 20 %. Il aura finalement atteint 31,5 %. Lors d'une élection partielle en 2004, les électeurs de Nelligan n'avaient été que 28, 6 % à exercer leur droit de vote.
Il y a dans cette faible participation électorale un message destiné à tous les partis politiques, croit André Boisclair. Ce dernier a ajouté que la grande proportion de pauvreté dans le secteur n'était pas étrangère au phénomène.
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Une victoire sans éclat - par FARID KODSI (farid.kodsi@sympatico.ca)
Le mardi 11 avril 2006 13:00

