Élections législatives en Italie - Prodi se déclare vainqueur; la droite conteste

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AFP
Édition du mardi 11 avril 2006

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Des partisans de Romano Prodi, leader de la coalition de centre gauche, ont accueilli avec un inquiétude manifeste les résultats des élections, hier en Italie

Photo: Agence Reuters

Rome -- Le chef de l'Union de la gauche italienne, l'ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, a revendiqué dans la nuit d'hier à aujourd'hui la victoire aux élections législatives, mais la droite a aussitôt contesté ce résultat.

«Nous avons gagné», a-t-il annoncé à 3h (1h GMT) depuis la tribune installée devant son quartier général à Rome sur la base des résultats publiés pour les deux chambres par le ministère de l'Intérieur.

«Nous aurons 340 députés et nous gouvernerons pendant cinq ans», a-t-il lancé sous les acclamations de ses partisans. «On tourne la page et nous devons travailler pour unifier le pays, pour mettre notre programme en oeuvre», a-t-il ajouté.

«Nous contestons cette victoire et nous réclamons la vérification du décompte», a aussitôt répliqué Paolo Bonaiuti, le porte-parole du chef du gouvernement, Silvio Berlusconi.

Le dépouillement des bulletins pour la Chambre des députés donne la victoire à l'Union de la gauche, avec 49,8 % des voix contre 49,7 % à la Maison des libertés, la coalition dirigée par M. Berlusconi. La différence est de 25 224 voix, a précisé le ministère de l'Intérieur.

Romano Prodi et ses alliés bénéficient en effet de la prime au vainqueur instituée par la réforme du système électoral votée six mois avant le scrutin et rétablissant la proportionnelle. La coalition arrivée en tête bénéficie automatiquement de 340 des 630 sièges de députés.

Les deux coalitions sont en revanche à égalité au Sénat, mais aucune n'a la majorité des élus. La coalition de M. Berlusconi obtient 155 des 315 sièges contre 154 à l'Union de M. Prodi, selon les résultats du ministère de l'Intérieur.

Les votes des Italiens de l'étranger, qui ont élu six sénateurs seront déterminants, mais les premiers résultats donnent l'avantage à l'Union de Romano Prodi.

L'issue de ce scrutin s'est jouée dans un mouchoir de poche au dernier vote, et la victoire a oscillé entre les deux coalitions en lice au fur et à mesure du dépouillement des bulletins.

Victorieux hier lors de la publication des sondages à la sortie des urnes avec une large avance à 15h (13h GMT), Romano Prodi avait tout perdu six heures plus tard, puis il reprenait l'avantage sur Silvio Berlusconi à 2h du matin (0h GMT).

La participation a été très élevée: 83,6 % des 47 millions d'électeurs italiens ont participé à ce scrutin organisé sur deux jours, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Giuseppe Pisanu. Elle était de 81,4 % lors des législatives de mai 2001.

La tâche ne sera pas simple pour Romano Prodi, car il a pris la tête d'une coalition fragile, en désaccord sur de nombreux points de son programme commun.

L'ancien président de la Commission européenne va devoir démontrer qu'il tient ses promesses de ne pas taxer les Italiens, mais seulement les très hauts revenus.


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