Le pétrole à des niveaux records

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AFP
Édition du mardi 11 avril 2006

Mots clés : brent

New York -- Les cours du pétrole évoluent à des niveaux records, le Brent ayant battu un cours historique à Londres hier tandis qu'à New York, le baril de brut s'est approché de ses plus hauts niveaux, en raison des tensions géopolitiques et des craintes de pénurie d'essence aux États-Unis.

Sur l'IntercontinentalExchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai est monté à 68,93 $ en séance. Il a clôturé à 68,75, en hausse de 1,46 $. Il a battu ainsi en séance son précédent record établi le 30 août 2005 à 68,89 $ le baril, un jour après que le cyclone Katrina eut endommagé de nombreuses raffineries dans le golfe du Mexique. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude sur l'échéance de mai a clôturé à 68,74 $, au plus haut depuis le 1er septembre 2005 et non loin de son record de clôture du 30 août, à 69,81 $. Il avait atteint ce même jour son record absolu en séance à 70,85 %.

«Le marché est de nouveau entré dans une tendance à la hausse qui devrait mener jusqu'à 70 $ le baril», estime Alexandre Kervinio, analyste de la Société Générale. Selon les experts, le pétrole est soutenu par deux facteurs essentiels: les tensions géopolitiques qui font planer des craintes sur de possibles interruptions de production de brut (Iran, Irak, Nigeria...) et les craintes d'une pénurie d'essence cet été aux États-Unis.

Les opérateurs craignent que la crise qui oppose les pays occidentaux et Téhéran sur le nucléaire ne débouche sur une attaque militaire de Washington, à laquelle l'Iran pourrait répliquer en coupant ses exportations de pétrole.

La peur d'une escalade militaire a été relancée ce week-end par des articles dans la presse américaine, évoquant la possibilité que Washington frappe militairement Téhéran si l'Iran, quatrième producteur mondial de brut, de renonce pas à son programme nucléaire. Le président George W. Bush a pourtant nié hier que son administration prépare une action militaire et a préconisé une solution diplomatique de la crise.

Mais cette déclaration n'a pas calmé les esprits sur le marché pétrolier. «Les opérateurs considèrent qu'il est très peu probable que les États-Unis attaquent» l'Iran, a expliqué Jason Schenker, analyste de la banque Wachovia, mais «ils spéculent sur le fait que les prix atteindraient des sommets si cela devait arriver», en achetant maintenant pour revendre plus cher ensuite, poursuit-il.

Ces anticipations peuvent expliquer que tous les contrats à terme de light sweet crude à partir de l'échéance de juin s'échangent au-dessus de 70 $. «L'afflux d'argent spéculatif revient sur le devant de la scène», renchérit Kevin Norrish, de la banque Barclays.

Les cours sont aussi largement soutenus par la crainte d'une pénurie d'essence aux États-Unis cet été, au moment des nombreux déplacements en voiture.

Les réserves américaines d'essence sont en baisse continue depuis plus d'un mois, en raison d'une capacité de raffinage réduite due aux dégâts des ouragans de l'été dernier et à de nouvelles normes environnementales dans la composition de l'essence.

«On s'attend à ce que les stocks de carburant aient baissé de plus de 2 millions de barils» la semaine dernière, note Jason Schenker, en faisant référence à la publication hebdomadaire des chiffres des stocks américains, attendue demain.

Même si les stocks américains de brut sont eux largement supérieurs à la normale, les craintes liées à l'essence suffisent à faire monter tout le marché, explique-t-il, en estimant «très concevable» que le brut new-yorkais batte son record absolu dans les jours qui viennent.


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