Campagne à la chefferie du Parti libéral du Canada - Deux intellos dans la mêlée
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Photo: Jacques Nadeau
Stéphane Dion n'a d'ailleurs pas négligé l'aspect symbolique hier, lançant sa campagne au Palais des congrès de Montréal, là où il avait brillé comme ministre lors de la Conférence de Montréal sur les changements climatiques. «Fort de mes convictions et de mon expérience, je suis maintenant prêt à être le leader libéral et le futur premier ministre. J'ai la conviction que j'apporterai le leadership nécessaire dans cette phase critique de notre parti et de notre pays pour la prospérité et le bien-être des Canadiens», a lancé Stéphane Dion devant un parterre de militants.
L'ancien ministre de l'Environnement a d'ailleurs martelé à plusieurs reprises ses préoccupations environnementales. «La vision que j'ai pour mon pays est celle d'un Canada qui réconcilierait le développement économique, le développement social, la durabilité environnementale et la santé publique, a-t-il expliqué. À la base de notre philosophie libérale, il y a la conciliation de deux grandes aspirations humaines: la liberté individuelle et l'égalité des chances. Je propose d'en ajouter une troisième: l'aspiration à un environnement sain.»
En tant que principal architecte de la «loi sur la clarté» référendaire, adoptée en 2000, Stéphane Dion a refusé d'appuyer la thèse voulant que cette loi soit impopulaire au Québec, même auprès des fédéralistes. «Ce n'est pas exact. Les Québécois veulent la clarté, ils ne veulent pas être obligés de choisir entre le Québec et la Canada, a-t-il soutenu. Je pense qu'on peut tous considérer comme déraisonnable d'avoir à faire un tel choix sans avoir l'assurance que c'est ce que la population veut.» Il a aussi affirmé que la notion de déséquilibre fiscal «n'est pas claire».
Ignatieff et ses appuis
Quelques heures plus tard, à Toronto, un autre intellectuel, Michael Ignatieff, a confirmé qu'il était sur les rangs. Et, à en juger par l'imposante équipe qui se dessine derrière lui, on peut avancer qu'il sera un aspirant sérieux au poste de chef libéral. Au Québec, en plus de l'organisateur Jean-Sébastien Marineau, Michael Ignatieff peut compter sur l'appui du président de l'aile québécoise du PLC, Robert Fragasso. Le député Pablo Rodriguez, l'ancien président du PLC-Q, est aussi avec lui.
En Ontario, le sénateur libéral David Smith, l'ex-ministre du Commerce international, Jim Peterson, et l'ex-ministre de la Coopération internationale, Aileen Carroll, sont aussi dans son équipe. David Peterson, l'ancien premier ministre ontarien, et Marc Lalonde, l'ancien lieutenant québécois de Pierre Elliott Trudeau, sont les coprésidents de sa campagne.
Des appuis importants qui font dire à Pablo Rodriguez que le début de la course s'annonce bien pour Michael Ignatieff. «C'est une longue campagne et il est trop tôt pour parler de meneur, a-t-il dit au Devoir. Mais c'est certainement un bon début de campagne.»
Ce dernier met en avant une conception du fédéralisme qui prône un gouvernement central fort avec des provinces fortes. «Oui, vous voulez des provinces fortes, mais vous voulez aussi une autorité fédérale capable de promouvoir l'opportunité pour tous les citoyens du Canada, a-t-il dit à ses partisans. Oui, vous voulez être Québécois, mais vous voulez appartenir aussi à ce grand État continental, ouvert sur le monde mais qui parle au monde dans les deux langues.»
L'aspirant chef veut camper ses positions au centre-gauche de l'échiquier politique, ce qui devrait séduire les Québécois, pense-t-il. «La renaissance du parti veut dire, surtout, reconquérir le respect et l'attachement des francophones au Québec. Les valeurs sociales et progressistes des Québécois ne sont pas bleues. Elles sont rouges et le seront toujours!», a lancé Michael Ignatieff.
Stéphane Dion et Michael Ignatieff pourront d'ailleurs croiser le fer avec les autres prétendants au titre dès aujourd'hui, lors d'un débat officieux entre futurs candidats à Edmonton. Le premier débat officiel entre candidats aura lieu le 10 juin à Winnipeg. Le nouveau chef libéral sera choisi à Montréal le 3 décembre.
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Michael Ignatieff
Âge: 58 ans.
Formation: diplôme de premier cycle en histoire de l'université de Toronto; doctorat de l'Université Harvard.
Parcours professionnel: professeur à Harvard, Cambridge, Oxford et à la London School of Economics, entre autres.
Parcours politique: candidat libéral de la circonscription ontarienne d'Etobicoke-Lakeshore, élu à la Chambre des communes pour la première fois lors des élections du 23 janvier.
Langues: parle l'anglais, le français et le russe.
Famille: marié à Zsuzsanna Zsohar, père de deux enfants, Theo et Sophie.
Citation: «La politique consiste à écouter, et ensuite la politique consiste à agir.»
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Stéphane Dion
Âge: 50 ans.
Formation: maîtrise en science politique de l'Université Laval; doctorat en sociologie de l'Institut d'études politiques de Paris.
Parcours professionnel: professeur de science politique et d'administration publique à l'Université de Montréal de 1984 à 1996.
Parcours politique: élu à la Chambre des communes pour la première fois en 1996, lors d'une élection partielle, puis réélu en 1997, 2000, 2004 et 2006. De 1996 à 2003, il a été ministre des Affaires intergouvernementales; il a ensuite été ministre de l'Environnement de 2004 à 2006.
Famille: marié à Jeanine, il est père d'une fille, Jeanne. Son chien husky s'appelle Kyoto.
Citation: «J'ai gagné beaucoup le respect des gens au Québec. Les gens savent que Dion explique et il agit, et ç'a du bon sens.»
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Ignatieff-Dion: deux poids deux mesures - par Rodrigue Guimont
Le dimanche 09 avril 2006 11:00

