Lutte à trois au Pérou
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Arequipa, Pérou -- La plus grande incertitude règne sur l'issue à attendre de l'élection présidentielle de demain au Pérou. Le candidat populiste Ollanta Humala, la conservatrice Lourdes Flores et l'ancien président Alan Garcia sont en effet tous trois au coude-à-coude dans les derniers sondages.
L'ancien militaire Ollanta Humala a achevé sa campagne électorale jeudi soir en fustigeant «la dictature fasciste» de l'élite économique au Pérou. Considéré comme un proche du président vénézuélien Hugo Chávez, cet homme de 43 ans se présente comme un admirateur du général Juan Velasco, dictateur aux commandes en 1968-75. Il a répété qu'en cas d'élection, il augmenterait les taxes payées par les multinationales qui profitent des ressources minières du pays.
Sympathie des Indiens
Dans les années 90, plusieurs de ces sociétés avaient acquis des avantages fiscaux considérables alors que le Pérou cherchait à relancer l'investissement après des années de chaos économique et de violence des guérilleros communistes du Sentier lumineux.
Ollanta Humala, qui appartient à un clan métis, a su s'attirer la sympathie de la majorité pauvre majoritairement indienne du Pérou en promettant de détrôner la classe politique corrompue de descendance européenne.
Mais nombreux sont ceux qui ne partagent pas ce sentiment, considérant l'ex-militaire comme un simple opportuniste. Il fait par ailleurs l'objet d'accusations de violations des droits de l'homme lorsqu'il était responsable d'une base militaire en 1992. «Ollanta Humala est un extrémiste, un radical», juge Rosangela Guzman, 32 ans. Elle explique vouloir voter pour Lourdes Flores, selon elle «la moins mauvaise».
Car Humala est loin d'être seul en piste pour succéder à Alejandro Toledo. En tête dans les sondages pendant la campagne, le candidat d'Union pour le Pérou a perdu des points ces derniers jours. Il subit la concurrence directe de l'ancienne parlementaire conservatrice Lourdes Flores, qui rêve de devenir la première présidente du pays, et, dans une moindre mesure, d'Alan Garcia.
La présidence de ce dernier (1985-90) avait été marquée par la corruption et une inflation effrénée (hyperinflation).

