Les États-Unis et l'Union européenne suspendent leur aide aux Palestiniens

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AP
Édition du samedi 08 et du dimanche 09 avril 2006

Mots clés :

Manifestation du Hamas à Bethléem, en Cisjordanie

Photo: Agence Reuters

Ramallah -- Le Hamas refusant de reconnaître Israël et de renoncer à la violence, l'Union européenne et les États-Unis ont décidé hier de suspendre une partie de leur aide aux territoires palestiniens, de peur que le gouvernement n'en bénéficie. Un responsable du Mouvement de la résistance islamique a cependant affirmé que l'organisation était prête à accepter la «solution des deux États».

Selon lui, cette proposition devait être abordée hier par le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh lors d'une rencontre avec le président modéré de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Mais le chef du gouvernement a plus tard déclaré qu'«il n'y avait rien de nouveau dans les positions politiques» de son cabinet.

Le mouvement serait disposé à assouplir sa position en raison de la pression internationale et pour permettre à M. Abbas de relancer les pourparlers de paix avec l'État hébreu, a fait savoir ce responsable ayant requis l'anonymat. Mais le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev, a qualifié cette idée de «pure rhétorique».

En échange d'un éventuel assouplissement, le Hamas, vainqueur des élections législatives du 25 janvier, exige que Mahmoud Abbas accorde à l'organisation ses «droits constitutionnels». Le président palestinien a récemment pris des mesures pour limiter le pouvoir du Hamas en matière de sécurité.

La communauté internationale a menacé de suspendre des dizaines de millions de dollars d'aide à l'Autorité palestinienne si le Hamas ne reconnaît pas l'existence de l'État hébreu et des accords d'Oslo et ne renonce pas à la violence. Le premier ministre a affirmé dans la semaine avoir hérité de caisses vides du gouvernement du Fatah.

Le chef de la diplomatie Mahmoud Zahar a également sous-entendu que le Hamas pourrait faire preuve de souplesse. «Nous voulons savoir quelles sont les fondations d'une véritable paix dans le cadre de deux pays», explique-t-il dans un entretien publié hier dans Libération et The Times. Il n'a pas exclu que la population soit consultée par référendum. Interrogé sur les conditions de la reconnaissance de l'État hébreu, il s'interroge sur le fait de savoir s'«il s'agit juste de reconnaître l'existence d'Israël sans la moindre contrepartie. Nous n'allons pas discuter des frontières de 1948 et de 1967!»

«Sanction collective»

Peu convaincue par les timides ouvertures du Hamas, l'UE a décidé de suspendre son aide directe au gouvernement palestinien. Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq doivent prendre une décision lundi pour le long terme. «Pour le moment, il n'y a plus de versement à ou par l'intermédiaire de l'Autorité palestinienne», a fait savoir la porte-parole de la Commission européenne, Emma Udwin.

À Gaza, un porte-parole du Hamas, Mouchir al-Masri, a estimé que cette suspension équivalait à une «sanction collective contre le peuple palestinien» et appelé «l'Union européenne à ne pas adopter de telles décisions».

De son côté, Washington va supprimer ou suspendre plus de 240 millions de dollars (197 millions d'euros) de projets d'assistance aux Palestiniens afin de reporter une partie de cette somme sur l'aide humanitaire et de s'assurer que l'argent ne va pas au gouvernement, selon un haut responsable du département d'État ayant requis l'anonymat. Les États-Unis et l'Union européenne considèrent le Hamas comme une organisation terroriste.

Malgré ses agressions verbales à l'encontre de l'État hébreu, le Hamas respecte depuis plus d'un an un cessez-le-feu. Le quotidien israélien Haaretz rapportait hier que le mouvement est prêt à reconduire cette trêve et à faire pression sur ses militants pour qu'ils la respectent si Israël cesse ses attaques en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.


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