Transport aérien - BAE s'apprête à vendre sa part dans Airbus
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Photo: Agence Reuters
«Les discussions en sont à un stade précoce et une autre annonce sera faite le moment venu», conclut le communiqué. Contacté jeudi soir, EADS n'avait pas souhaité commenter cette information.
Jusqu'à présent BAE Systems avait gardé ses actions dans Airbus en indiquant à plusieurs reprises qu'il ne voyait pas encore l'intérêt de les vendre. Mais, selon la presse britannique d'hier, le groupe se serait décidé en jugeant le moment venu de prendre ses bénéfices, au vu de l'excellente santé du marché des avions de ligne.
Dans un communiqué distinct de l'annonce des discussions avec EADS, Mike Turner, le directeur général de BAE Systems, a indiqué: «Airbus a été un excellent investissement pour BAE Systems pendant une période d'innovation et de croissance. Il s'est transformé en une entreprise de classe mondiale à la pointe de son secteur, et est en bonne posture pour affronter le futur».
«Nous pensons, a ajouté le directeur général, qu'il est maintenant temps pour nous de vendre notre part dans Airbus afin de pouvoir nous concentrer sur notre stratégie transatlantique de défense et d'aérospatiale».
Le prix envisagé pour la transaction n'a pas été révélé. Récemment, EADS avait évalué à 3,5 milliards d'euros (4,86 milliards $CAN) les 20 % de BAE.
Mais le groupe pourrait avoir négocié pour bien plus cher. Goldman Sachs estime que BAE pourrait refuser de vendre à moins de 6,5 milliards d'euros (9 milliards $CAN), rapportait hier le quotidien britannique Financial Times.
Le groupe industriel européen EADS, numéro 1 européen et numéro 2 mondial de l'industrie aéronautique, spatiale et de la défense, possède les 80 % restants d'Airbus.
Le Financial Times estime que cette vente pourrait permettre à BAE de financer des acquisitions aux États-Unis, même s'il a démenti récemment des rumeurs selon lesquelles il voudrait racheter L3 Communications, un spécialiste américain de l'électronique de défense.
Le groupe a aussi annoncé être intéressé par le rachat du britannique Babcock.
Le directeur général Mike Turner devait rencontrer dans la journée le ministre du Commerce et de l'Industrie Alan Johnson pour confirmer cette vente, décidée lors d'un conseil d'administration mercredi.
Une telle vente est potentiellement embarrassante pour le gouvernement britannique, qui a mis des centaines de millions de livres dans Airbus, et fait peser une menace sur les 13 000 employés britanniques d'Airbus, et sur des dizaines de milliers d'emplois de sous-traitants.
Un porte-parole de BAE a assuré à l'AFP que la vente «n'aurait pas de conséquences pour l'emploi», ni «d'impact sur les autres activités de BAE».
Les syndicats britanniques ont demandé une réunion d'urgence avec le groupe pour discuter des conséquences sociales du désengagement de BAE dans Airbus.
Ian Waddle, un représentant du syndicat Amicus, a dit que les syndicats «voulaient savoir si la production allait rester au Royaume-Uni ou si elle sera transférée dans les pays où les nouveaux acheteurs sont basés», notamment la France, l'Allemagne et l'Espagne.

