Enthousiasme chez les libéraux de Charest
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Québec -- Le discours inaugural du gouvernement conservateur de Stephen Harper a soulevé l'enthousiasme des libéraux de Jean Charest hier.
M. Pelletier «attendait depuis longtemps» qu'un gouvernement fédéral reconnaisse sans faux-fuyant l'existence d'un problème de déséquilibre fiscal au Canada et s'engage à respecter «la place unique» du Québec dans la fédération.
Il fallait «un certain courage» pour aborder ces dossiers chauds dans un discours inaugural, a estimé le ministre. «C'est un discours qui prend en compte les intérêts du Québec et qui recèle une sensibilité envers le Québec», a déclaré M. Pelletier.
Dans sa courte allocution officielle, la gouverneure générale Michaëlle Jean a en outre mentionné que les provinces avaient un rôle à jouer sur la scène internationale mais que le Canada devait tout de même «parler d'une seule voix». Le ministre Pelletier n'y voit aucune contradiction avec les revendications du Québec. «Cela ne pose pas de problème que le Canada parle d'une seule voix, le Canada est un État fédéral, mais en même temps, on reconnaît le rôle des provinces en général et du Québec en particulier», a analysé M. Pelletier.
En ce qui concerne le règlement du déséquilibre fiscal, il faudra attendre que le gouvernement Harper précise davantage ses intentions, a dit le ministre. «Reste à savoir comment tout cela va se traduire, mais c'est tout à fait encourageant», s'est-il réjoui.
Au sujet de l'aide directe aux familles, un engagement réitéré dans le discours du Trône, le ministre Pelletier s'est dit confiant de parvenir à conclure une entente qui respectera les priorités québécoises en matière de services de garde. «Rien n'indique que le gouvernement fédéral ait renoncé à trouver une solution satisfaisante. Nous allons poursuivre les discussions», a-t-il indiqué.
L'élan d'enthousiasme du gouvernement Charest est nettement exagéré, a pour sa part répliqué l'opposition péquiste.
Pas de gain pour le Québec
«Il n'y avait aucun gain pour le Québec dans ce discours», a dit le porte-parole de l'opposition officielle, Jonathan Valois. Très court et plutôt flou, le texte du discours énonçait tout et son contraire, a souligné le député de Joliette. «On parle d'une voix pour le Québec à l'UNESCO mais, en même temps, on dit que le Canada doit parler d'une seule voix: on parle d'une place unique pour le Québec et, en même temps, on parle de Canada uni», a-t-il déclaré. Le message conservateur était beaucoup plus précis lorsqu'il abordait les sujets «plus canadiens» que sont la lutte contre le crime et la sécurité nationale, a fait remarquer le député.
Mais de son côté, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, partageait essentiellement le même entrain que le ministre Pelletier. «Les priorités exprimées sont les bonnes, a dit M. Dumont, d'autant plus qu'il a quelques mois à peine, il y avait un gouvernement fédéral qui niait le déséquilibre fiscal, qui prétendait que c'était une invention des provinces.»

