Transferts de suspects - La CIA s'est servie de sociétés écrans
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Londres -- Les États-Unis ont eu recours à des compagnies privées de transport aérien comme sociétés écrans pour transférer de manière secrète des suspects de terrorisme entre différents lieux de détention, a accusé Amnesty International (AI) hier.
Le rapport «montre une opération secrète dans laquelle des gens ont été arrêtés ou enlevés, transférés et détenus en secret ou remis à des pays où ils ont fait face à la torture et à de mauvais traitements».
Pour ce faire, la CIA «s'est servie d'exploitants privés d'avions et de sociétés écrans pour maintenir le secret» autour de ces transferts de prisonniers, affirme AI.
Les pays qui ont permis à la CIA d'utiliser leur espace aérien ont tort de citer la convention de Chicago sur l'aviation civile, qui permet aux vols privés de survoler un pays ou d'y effectuer des escales techniques avec un minimum de contrôles.
La convention, croit l'ONG, autorise les États à procéder à des contrôles sur ce genre de vols s'il y a des «motifs raisonnables» de croire qu'ils ne servent pas des buts prévus par la convention.
Amnesty a recensé près d'un millier de vols directement liés à la CIA, dont la majorité a emprunté l'espace aérien européen. Il s'agit de «vols qui semblent avoir été programmés de manière permanente par la CIA au travers de sociétés écrans», affirme l'ONG, dont le siège est à Londres.
AI a également recensé 600 autres vols effectués par des avions qui ont été utilisés au moins de manière temporaire par la CIA.
L'ONG cite notamment un appareil qui s'est rendu plus d'une centaine de fois à Guantánamo et un autre qui a transporté d'Allemagne en Égypte un suspect de terrorisme nommé Abou Omar après son enlèvement en Italie. Les propriétaires de ce dernier appareil ont reconnu l'avoir loué à la CIA.
Ces pratiques secrètes font qu'«il est impossible de savoir combien de personnes ont été arrêtées ou enlevées, transférées par-delà les frontières, détenues en secret ou torturées dans [le cadre de] la "guerre contre le terrorisme"», affirme AI.
L'ONG précise que «l'information en provenance des gouvernements eux-mêmes indique que le nombre est probablement d'une centaine».
«Cela montre jusqu'où le gouvernement des États-Unis est prêt à aller pour dissimuler ces enlèvements», a accusé la responsable de l'organisation internationale de défense des droits humains.

