L'ONU empêchée de survoler le Darfour
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Juba -- À quelques jours d'une rencontre cruciale entre le gouvernement soudanais et les rebelles du Darfour, Khartoum a interdit à l'avion du secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires, Jan Egeland, de survoler la région troublée hier pour se rendre au Tchad.
«Je n'ai pas eu le droit de survoler le Darfour», a déclaré M. Egeland depuis Rumbek, où il s'est entretenu avec le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Okal. M. Egeland projetait de se rendre depuis le Sud-Soudan dans les camps de réfugiés soudanais installés au Tchad.
«Nous avons annulé la visite au Tchad parce que le ministre des Affaires étrangères m'a dit que le gouvernement ne pouvait pas m'accorder des autorisations de vol», a ajouté M. Egeland en dénonçant l'attitude de Khartoum qui, selon lui, fait obstruction à ses efforts pour attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation de la population du Darfour et des soudanais réfugiés au Tchad.
«Le président du Soudan [Omar el-Béchir] est responsable de tout cela», a accusé M. Egeland, selon qui «le monde entier doit accroître la pression sur le gouvernement du Soudan pour arrêter les combats et améliorer l'accès aux organisations humanitaires» au Darfour.
La guerre au Darfour oppose des milices appuyées par les forces de Khartoum à des rebelles qui demandent une distribution plus équitable des richesses. Ce conflit, qui s'accompagne d'une grave crise humanitaire, a fait près de 300 000 morts et 2,4 millions de déplacés et réfugiés, selon des estimations internationales.
L'Union africaine (UA) dispose d'une force de paix d'environ 7000 hommes au Darfour mais a donné le 10 mars son accord de principe pour transférer cette force à l'ONU.

