Talabani veut aller jusqu'au bout - Saddam Hussein sera aussi jugé pour génocide
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Bagdad -- Le président irakien déchu Saddam Hussein, déjà jugé pour le massacre de 148 chiites, sera bientôt jugé par le Haut Tribunal pénal à la suite de l'une des vagues de répression les plus sanglantes de son régime, le massacre de 100 000 personnes, victimes de l'opération Anfal.
Saddam Hussein et son cousin Ali Hassan al-Majid, dit Ali le chimique, ancien chef de la région nord de l'Irak, sont en tête de la liste des accusés établie par le tribunal irakien, a précisé Raed al-Jouhi.
Les cinq autres accusés dans la vague de répression sanglante antikurde sont des ex-responsables du parti Baas et un ex-ministre de l'Industrie.
Le juge Jouhi a fait cette déclaration à la veille de la reprise du procès du président déchu et de sept coaccusés dans l'affaire de Doujail, le massacre de 148 villageois chiites après une attaque en 1982 contre le convoi de Saddam Hussein dans ce village au nord de Bagdad.
D'autres procès
Le président irakien Jalal Talabani a déclaré que Saddam Hussein sera jugé pour «tous ses crimes» avant l'exécution des jugements prononcés contre lui, contredisant des propos du procureur général Jaafar Moussaoui, selon lequel l'ex-dictateur, s'il était condamné à mort dans l'affaire de Doujail, serait exécuté sans attendre les autres procès. Le 11 mars, le procureur général près le tribunal Jaafar Moussaoui avait affirmé que si Saddam Hussein et ses sept coaccusés étaient condamnés à mort dans l'affaire de Doujail, ils seraient exécutés sans attendre les procès sur d'autres crimes.
Une des chambres du Haut Tribunal pénal qui instruira l'affaire Anfal est déjà constituée et se composera de cinq juges, dont les noms ne seront pas révélés pour le moment pour des raisons de sécurité, a encore dit M. Jouhi.
Selon lui, la date du nouveau procès sera fixée dès que la cour et les juges d'instruction auront examiné tous les détails du dossier, qu'il a présenté comme une affaire très compliquée.
Dossiers à venir
«Il s'agit d'un des grands crimes commis», a dit M. Jouhi, expliquant que des milliers de témoins et de plaignants, des milliers de documents impliquant l'ancien régime et autres preuves, dont les fosses communes,
ont servi de base pour l'instruction du dossier.
D'autres dossiers accablant l'ancien régime sont en cours d'instruction, dont la répression de l'insurrection chiite en 1991, et seront «prochainement» bouclés, a encore affirmé le juge.
Sur une éventuelle tenue du procès d'Anfal dans le Kurdistan, le juge a indiqué que le tribunal pénal a son siège à Bagdad mais qu'il peut transférer ses audiences à n'importe quel endroit en Irak en cas d'accord des juges et des autorités.
Anfal, une campagne de déplacement de la population kurde entre 1987 et 1988, a coûté la vie à plus de 100 000 personnes. Le gazage des Kurdes de Halabja en 1988, qui a fait 5000 morts, n'en fait pas partie.
Parallèlement, la violence a continué avec la mort de 19 personnes, dont sept dans un attentat à la voiture piégée à Bagdad, deux employés irakiens de l'ambassade des Émirats arabes unis et deux enfants dans l'explosion d'une charge dans leur maison. En outre, neuf corps de personnes non encore identifiées, les mains liées et portant des traces de torture, ont été découverts à Bagdad.

