La journaliste Jill Carroll rentre chez elle
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L'otage américaine affirme avoir témoigné sous la contrainte
Boston -- La journaliste américaine Jill Carroll, libérée jeudi après 82 jours de captivité en Irak, est arrivée hier aux États-Unis, après une escale samedi sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne.«Je suis heureuse d'être ici», avait-elle auparavant déclaré au colonel Kurt Lohide, le commandant de la base américaine venu l'accueillir à sa descente d'avion en provenance de Balad, près de Bagdad.
Dans une déclaration diffusée samedi par son employeur, le journal Christian Science Monitor, Jill Carroll a mis les choses au point, soulignant que ses propos dans un enregistrement vidéo de «propagande» réalisé la nuit avant sa libération avaient été tenus sous la contrainte et ne reflétaient aucunement ses opinions. Elle y critiquait notamment la présence américaine en Irak.
«Des choses que j'ai été forcée de dire en captivité sont maintenant prises comme un reflet exact de mes opinions personnelles. Elles ne le sont pas», déclare-t-elle.
Jill Carroll avait été enlevée le 7 janvier dans l'un des quartiers les plus dangereux de Bagdad alors qu'elle devait rencontrer un responsable sunnite. Son traducteur, Alan Enwiya, a été tué dans l'opération, revendiquée par les «Brigades de la vengeance». Ses ravisseurs ont affirmé sur Internet l'avoir relâchée après avoir obtenu la libération de certaines femmes détenues en Irak. «Les gens qui m'ont kidnappée et qui ont tué Alan Enwiya sont des criminels, au mieux», estime encore Jill Carroll dans sa déclaration diffusée samedi.
Elle ajoute qu'elle avait reçu la promesse qu'un entretien accordé peu après sa libération au Parti islamique irakien ne serait pas diffusé à la télévision. «Ils n'ont pas tenu leur parole. Quoi qu'il en soit, craignant le châtiment de mes ravisseurs, je n'ai pas parlé librement. Par peur, j'ai dit que je n'avais pas été menacée. En fait, j'ai été menacée à de nombreuses reprises», déclare-t-elle.
Enfin, Jill Carroll souligne que, contrairement à des informations qui ont circulé sur sa relation avec les forces américaines après sa libération, elle n'a jamais refusé de se déplacer ou de collaborer avec l'armée, ni de parler de sa captivité avec des responsables américains.
«Je ne ferai pas de polémique. Mais que les choses soient claires: j'exècre tous ceux qui enlèvent et assassinent des civils, et mes ravisseurs sont clairement coupables de ces deux crimes», dit-elle encore dans sa déclaration de samedi. Avant de demander, pour elle et sa famille, «un peu de tranquillité, seuls, ensemble».

