Mulcair ne sera pas exclu du caucus

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Robert Dutrisac
Édition du samedi 01 et du dimanche 02 avril 2006

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Ses propos «ne sont pas nécessairement le reflet de ses pensées», dit le président du caucus libéral

Québec -- Pour avoir contredit son chef Jean Charest et plusieurs de ses collègues, le député de Chomedey et ministre déchu du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, ne sera pas exclu du caucus des élus libéraux.

Le président du caucus libéral, David Whissell, estime que les propos de M. Mulcair, qu'il a répétés dans plusieurs médias, «ne sont pas nécessairement le reflet de ses pensées», en ajoutant toutefois: «Il a beau être anglophone, il sait exactement ce que chaque mot veut dire.»

«Il est toujours membre du caucus libéral et on espère que tout va rentrer dans l'ordre et que les émotions vont s'atténuer», a dit M. Whissell, qui a présenté M. Mulcair comme «une personne émotive, bouillante et colorée», quelqu'un «qui vit une situation qui peut le rendre amer».

De son côté, le whip du parti, Norman MacMillan, s'est dit «déçu» que M. Mulcair n'ait pas tenu ces propos au sein du caucus. Chez les libéraux, la sortie de M. Mulcair étaient sur toutes les lèvres, hier, et les appels téléphoniques se sont multipliés dans leurs rangs. La prochaine réunion du caucus libéral aura lieu mercredi.

Au cabinet de Jean Charest, on s'est dit surpris de la sortie de M. Mulcair. «La position qui a été développée et présentée [par le nouveau ministre Claude Béchard] est celle qui a été présentée par Tom Mulcair à Pierre Reid et à Mme Gagnon-Tremblay», a soutenu l'attaché de presse du premier ministre, Hugo D'Amours. Le premier ministre n'entend pas sévir «pour le moment», a-t-il dit, et c'est au caucus des députés de décider de son sort.

Tant Pierre Reid, député d'Orford, que Mme Monique Gagnon-Tremblay, députée de Saint-François et ministre des Relations internationales, dont les circonscriptions baignent dans la controverse entourant la privatisation du mont Orford, soutiennent que la solution proposée par M. Béchard, c'est celle que leur avait expliquée Thomas Mulcair une semaine avant de perdre sa charge ministérielle. De son côté, M. Mulcair a soutenu, hier, dans Le Devoir, qu'il n'avait jamais demandé qu'on rédige un mémoire justifiant le recours à une loi spéciale pour privatiser une parti du parc du Mont-Orford.

En s'adressant aux médias comme il l'a fait, M. Mulcair a peut-être enfreint le serment de confidentialité qu'il a prononcé en tant que ministre, estime Mme Gagnon-Tremblay.

«Je ne sais pas s'il va être sur le gril, [lors de la prochaine réunion du caucus] mais il viendra dire par contre à ses collègues pourquoi il a prêté serment d'honneur, de loyauté, de confidentialité, et que toutes les discussions qui ont eu lieu, que ce soit au Conseil des ministres ou encore au Conseil des priorités, ou tous les documents qui se retrouvent au Conseil des ministres sont quand même des discussions qui sont confidentielles. Alors, que vous soyez au conseil des ministres ou que vous soyez hors du conseil des ministres, une fois que vous avez quitté, ce serment-là vous suit, et je pense qu'il faut le respecter», a dit la ministre.

Dans son opposition au projet de privatisation d'une partie du parc du Mont-Orford tel que présenté par M. Béchard, Thomas Mulcair s'est trouvé un allié en la personne du député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis. «Je ne peux pas demeurer silencieux, c'est dans mon comté», a-t-il souligné, hier, au cours d'un entretien téléphonique.

Le député chevronné, que M. Charest a écarté d'emblée de son conseil des ministres, est d'avis que le projet de loi dont M. Béchard doit accoucher sera très difficile à rédiger. «Il reste à mettre la ville en tutelle», a-t-il fait remarquer. La construction de condos dans la montagne soulève l'opposition du maire d'Orford, Pierre Rodier, qui juge notamment que l'approvisionnement en eau du nouveau développement sera problématique. L'enjeu central de la dernière élection municipale a porté sur ce projet immobilier et M. Rodier a été élu haut la main, battant un adversaire qui était en faveur du développement.

Pierre Paradis croit que Claude Béchard dispose d'une porte de sortie élégante. De son propre aveu, le promoteur André L'Espérance juge que son projet n'est plus le même que celui qui a fait l'objet d'une évaluation environnementale du BAPE. De son côté, le gouvernement a changé la donne en proposant de doubler la surface du parc. L'une ou l'autre de ces raisons est suffisante pour que le ministre Béchard renvoie tout le dossier au BAPE pour une nouvelle évaluation, a fait valoir M. Paradis.

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille


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