Charles Taylor est retrouvé et écroué en Sierra Leone
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L'ancien président du Liberia est sous la garde du tribunal spécial

Photo: Agence France-Presse
Le procès n'aura pas lieu «avant plusieurs mois», a annoncé le procureur Desmond da Silva, qui a précisé que l'ancien président libérien serait présenté très prochainement à un juge.
«Il est temps que Charles Taylor soit jugé devant le tribunal», a déclaré Kanji Daramy, porte-parole du président sierra-léonais Ahmad Tejan Kabbah, dans le complexe comprenant le tribunal et le centre de détention. «Des personnes comme Charles Taylor, qui ont commis des crimes contre ce pays, doivent être jugées par le tribunal spécial», a-t-il estimé.
À la frontière
Âgé de 58 ans, Taylor, qui avait disparu lundi soir de la villa de Calabar où il vivait en exil au Nigeria, a été appréhendé hier au petit matin alors qu'il tentait de fuir au Cameroun voisin. Il a été interpellé au poste-frontière de Gamboru-Ngala alors qu'il voyageait à bord d'un 4X4 porteur de plaques minéralogiques diplomatiques en compagnie d'une femme et d'un petit garçon. D'après les autorités locales, le véhicule transportait une malle bourrée de dollars.
L'ancien maquisard, accusé d'avoir attisé les guerres civiles qui ont déchiré l'Afrique de l'Ouest dans les années 90, vivait en exil au Nigeria depuis son départ de Monrovia, négocié en 2003 pour faciliter le retour de la paix au Liberia au terme de 14 années d'une guerre civile particulièrement sanglante.
À son arrivée hier à l'aéroport de Monrovia, au Liberia, Taylor a été pris en charge par des Casques bleus des Nations unies et un huissier du tribunal spécial pour la Sierra Leone, qui l'ont placé à bord d'un hélicoptère de l'ONU pour Freetown.
Dans la capitale de la Sierra Leone, il a aussitôt été transféré dans un vaste complexe abritant le tribunal spécial pour la Sierra Leone. L'ancien chef de guerre et ancien président est descendu menotté de l'hélicoptère et a été placé dans une cellule de la prison du tribunal, où un haut responsable de la police sierra-léonaise lui a lu l'acte d'inculpation le concernant, a déclaré un diplomate en poste à Freetown.
Demande d'extradition
Le 5 mars, le gouvernement de la nouvelle présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf avait demandé au Nigeria de livrer Taylor au Tribunal spécial sur les crimes commis pendant la guerre civile en Sierra Leone, créé avec l'aval des Nations unies. Trois semaines après, Abuja répondait que Monrovia était libre de venir le chercher, sans préciser toutefois les modalités et la date de ce transfert.
Quelques heures avant la fuite de Taylor, Johnson-Sirleaf avait émis le souhait que celui-ci soit transféré directement en Sierra Leone pour y être jugé, sans passer par le Liberia.
Aux États-Unis, où il est en visite, le président nigérian Olusegun Obasanjo a estimé que l'arrestation au Nigeria de Charles Taylor et son expulsion lui rendaient justice.
Les ONG des droits de l'homme ont estimé qu'un procès rapide de Taylor enverrait un message fort à travers l'Afrique, où des milliers de personnes ont souffert des dictateurs et des chefs de guerre, a déclaré Corinne Dufka, chef du bureau de Human Rights Watch pour l'Afrique de l'Ouest.

