Ukraine - Iouchtchenko consulte

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Reuters
Édition du mercredi 29 mars 2006

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Kiev -- Le président ukrainien Victor Iouchtchenko, dont le parti a été nettement battu aux législatives de dimanche, a présidé hier des discussions avec les chefs des autres grandes formations politiques pour rechercher une coalition de gouvernement qui puisse reposer sur une assise stable.

Alors que 80 % des bulletins de vote étaient dépouillés, hier, le Parti des régions, de l'ancien ministre pro-russe Victor Ianoukovitch, recueillait 30,44 %, soit deux fois plus que Notre Ukraine, la mouvance du chef de l'État, qui n'obtenait que 15,1 %. Le Bloc Ioulia Timochenko, du nom de l'égérie de la «révolution orange», premier ministre jusqu'à son limogeage par Iouchtchenko en septembre, tire son épingle du jeu avec 22,38 %. Vient ensuite le Parti socialiste (6,11 %), qui pourrait faire partie d'une coalition avec Notre Ukraine et le Bloc Timochenko.

«Notre objectif est de réfléchir ensemble à une manière de coopérer dans la stabilité, sur la base d'un accord politique», a déclaré Iouchtchenko à l'actuel premier ministre, Iouri Iékhanourov. «Il nous faut trouver un système de valeurs autour duquel articuler une coalition, et non pas un système de répartition des postes qui nous divise», a-t-il ajouté, cité par la télévision ukrainienne.

Avant le scrutin de dimanche, les analystes parlaient de la possibilité d'une «grande coalition» réunissant les mouvances de Iouchtchenko et de Ianoukovitch, mais comme le camp libéral s'en est plutôt bien sorti grâce au bon score du Bloc Timochenko, les partisans de la «révolution orange» peuvent aspirer à gouverner ensemble, comme ils l'avaient fait après la chute du pouvoir pro-russe lors des dernières présidentielles, fin 2004.

Le parlement issu des urnes aura pour la première fois mandat d'élire lui-même le nouveau premier ministre, et le chef de l'État a vu ses pouvoirs réduits ces derniers mois par une réforme constitutionnelle.

Ioulia Timochenko ne cache pas son impatience de conclure un accord de coalition. «Nous aurons un accord total et un désir sérieux de constituer une coalition. Nous devons continuer sur la voie que nous avons ouverte durant l'élection présidentielle», a-t-elle déclaré aux journalistes. «Notre réunion montre que cette voie est viable. Nous ferons tout ce qu'il faut pour en régler les modalités d'ici une semaine. [...] Le Parti des régions sera dans l'opposition», a-t-elle affirmé.


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