La santé financière des fonds de pension risque d'empirer en 2006

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PC
Édition du lundi 27 mars 2006

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Ottawa -- La santé financière des fonds de pension privés a nettement décliné l'année dernière, et l'année 2006 s'annonce encore plus sombre, ont averti les autorités fédérales.

Des taux d'intérêts historiquement bas, des normes strictes et la montée des coûts des régimes de retraite n'améliorent en rien une situation déjà difficile pour les fonds de pension, note le régulateur fédéral des régimes de retraite dans un document obtenu grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Certains fonds de pension pourraient même être autorisés à réduire les prestations qui avaient été promises préalablement aux retraités, lit-on dans le même document préparé par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).

«Les taux d'intérêt, qui ont décliné en 2005, et l'introduction d'un nouveau modèle actuariel se traduiront par des besoins plus grands de fonds pour la plupart des régimes de retraite à prestation déterminée en 2006.»

Cela signifie une augmentation des plans de régimes de retraite sur la liste de ceux qui ont besoin d'être surveillés de près par le BSIF.

«À moins que des changements significatifs et positifs s'opèrent, on s'attend à ce que la force financière des régimes de retraite se détériore et à ce que la liste des fonds de pension à surveiller s'allonge», indique le document.

Ottawa devra vraisemblablement apporter de l'aide aux régimes et à leur commanditaire, croit le BSFI.

Le document informe que 72 % des régimes privés de retraite étaient loin d'être pleinement financés en juin 2005 -- un bond significatif par rapport aux 53 % des régimes dans les six mois qui ont précédé.

Mesures envisagées

L'aide que pourrait apporter le gouvernement fédéral est maintenant prise en considération dans un important rapport élaboré par le ministère des Finances, a indiqué Karen Badgerou-Croteau, directrice générale des régimes de retraite au BSFI.

Prolonger à 10 ans l'actuel délai de cinq ans pour payer le manque à gagner des plans de retraites figure parmi les 120 propositions du rapport l'année dernière.

Une autre mesure, celle d'un régime d'assurance gouvernementale qui prévoit le paiement en cas de faillite, s'est avérée beaucoup moins populaire.

Au cours des années précédentes, le BSFI avait rarement été sollicité pour approuver des baisses de prestations des fonds de pension.

Pour leur part, les régimes à prestation déterminée dans le secteur des industries et ailleurs dans le monde ont été réduits ces dernières années en raison notamment des taux d'intérêt à long terme très bas et du nombre croissant de retraités qui vivent plus longtemps.

Au Canada, plusieurs grands noms du domaine corporatif ont été durement touchés par les déboires des régimes de retraite, dont Stelco et Air Canada.

Les régimes à prestation déterminée ont particulièrement souffert de ces compressions parce qu'ils garantissent un certain profit aux retraités peu importe la conjoncture, ce qui implique que les compagnies doivent s'assurer d'avoir mis de côté l'argent nécessaire pour remplir leurs promesses.

En revanche, les régimes à cotisations déterminées -- qui gagnent en popularité -- n'ont pas ce problème puisqu'ils ne garantissent pas au travailleur une rente particulière.


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