Manifestation de la dernière chance pour le zoo de Québec

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Isabelle Porter
Édition du lundi 27 mars 2006

Mots clés : zoo

Au fédéral de s'engager, dit la mairesse Boucher

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a appuyé hier les quelque 7000 manifestants venus dénoncer le plan de fermeture du zoo de Québec annoncé par le gouvernement Charest.

Photo: Clément Allard

Québec -- Plus de 7000 personnes se sont rendues au jardin zoologique de Québec, au cours de la fin de semaine, afin de le visiter une dernière fois et de dénoncer le plan de fermeture du gouvernement Charest. La Coalition pour la sauvegarde du zoo presse maintenant la mairessede Québec, Andrée P. Boucher, de tenter une ultime manoeuvre de sauvetage.

Certains ont participé à la manifestation d'hier; d'autres sont simplement venus voir les animaux une dernière fois. Pour Nouredine Miloudi et sa petite famille, c'était aussi une première. «J'ai appris qu'ils allaient le fermer, alors j'ai décidé de venir in extremis ce week-end. C'est vraiment très bien et je ne regrette pas d'être venu. Je regrette maintenant qu'on s'en prive.»

Le ministre responsable de la Capitale nationale, Michel Després, a beau répéter que sa décision de fermer le zoo est irrévocable, la Coalition continue de solliciter des appuis pour le sauver. Après le député libéral Denis Coderre la semaine dernière, c'était au tour hier du chef bloquiste Gilles Duceppe de se rallier. «Les conservateurs se défilent! Nous allons faire alliance avec tous ceux et celles qui veulent sauver le zoo», a-t-il déclaré lors d'une manifestation hier, dans le stationnement du zoo.

Sur les pancartes des manifestants, les députés de l'équipe Harper et le gouvernement Charest collectionnaient les reproches aux accents animaliers. «Il va falloir se rendre au Parlement pour voir des singes et des mules!» «Vive les rats! Charest, Després et Verner!»

Le rôle de Québec

La Coalition a toutefois pris bien soin de ménager la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, puisque, de l'avis de plusieurs, la balle est dans son camp. «La solution passe par la ville de Québec qui serait prête à prendre la responsabilité du zoo», croit André Di Vita, de la Coalition pour la sauvegarde du zoo. La chef de l'opposition à la ville, Ann Bourget, n'en pense pas moins. «Deux choix s'offrent à nous. Soit tenir une réunion d'urgence et convaincre la mairesse d'accepter de libérer les 1,2 million de dollars manquants pour garder le zoo ouvert, soit attendre à la prochaine séance du conseil municipal, le 3 avril.»

La principale intéressée n'est pas de cet avis. Selon elle, il appartient maintenant au gouvernement conservateur de dire s'il est prêt ou non à accorder les 35 millions nécessaires à la deuxième phase de la modernisation du jardin zoologique. «Dans un sens ou dans un autre, ils faut qu'ils se manifestent. S'ils ne veulent rien faire pour le zoo, qu'ils le disent carrément», a expliqué la mairesse lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir. «S'il y a un oui du fédéral, c'est sûr que j'oserai proposer au conseil que la ville paie la part des MRC».

Le plan de sauvetage qu'a enterré M. Després prévoyait que le gouvernement cède le jardin zoologique à la ville de Québec en échange d'une subvention annuelle de 12 millions de dollars. L'entente était toutefois assortie d'une série de conditions dont une contribution de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) au financement du déficit prévu du zoo, l'équivalent du 1,2 million évoqué plus haut. Le refus des membres de la CMQ d'accorder ces fonds est l'une des principales raisons évoquées par le ministre pour enterrer le plan de sauvetage.

Collaboratrice du Devoir


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