Biélorussie - La répression s'abat sur les manifestants

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Reuters
Édition du samedi 25 et du dimanche 26 mars 2006

Mots clés : manifestation

La dispersion des campeurs de la place d'Octobre n'a pas donné lieu à de la violence.

Photo: Agence Reuters

Minsk -- Le président biélorusse Alexandre Loukachenko en envoyé hier au petit matin sa police mettre fin au sit-in organisé sur la place principale de Minsk par des centaines d'opposants protestant contre les conditions douteuses de sa réélection, dimanche dernier.

Mais malgré cette opération coup-de-poing, qui s'est soldée par l'arrestation de plus de 200 protestataires, Alexandre Milinkevitch, adversaire malheureux de Loukachenko à la présidentielle, a maintenu son mot d'ordre de manifestation «sans violence» pour ce matin sur la place d'Octobre.

«Nous avons prévu un rassemblement le 25 et nous le tiendrons le 25, quoi qu'il arrive», a dit le leader de l'opposition en précisant que si l'accès à la place d'Octobre était bouclé, la manifestation interdite aurait lieu ailleurs dans la capitale.

On ignore dans quelle mesure son mot d'ordre, lancé après une réunion des principaux dirigeants de l'opposition, sera suivi, les diverses manifestations des derniers jours n'ayant rassemblé au mieux que quelques milliers de personnes.

Si la police biélorusse, qui a conservé structures et réflexes datant de l'ère soviétique, intervient promptement en temps habituel pour disperser tout rassemblement, elle a fait preuve ces derniers jours d'une relative tolérance.

Bien qu'elle n'ait pas donné lieu à des violences, la dispersion des campeurs de la place d'Octobre, dont une dizaine ont aussitôt

été condamnés à quelques jours de prison, pourrait fermer cette parenthèse.

L'opposition exige l'annulation de la réélection pour cinq ans de Loukachenko avec un score «stalinien» de 82 % qui a fait grincer des dents l'Union européenne et l'a amenée hier à Bruxelles à adopter des sanctions contre Minsk pour «violation des normes électorales internationales».

La Maison-Blanche, qui a condamné le nettoyage de la place d'Octobre, a annoncé qu'elle préparait elle aussi des sanctions financières et diplomatiques contre un régime considéré par Washington comme la dernière tyrannie d'Europe.

Seule alliée décomplexée de la Biélorussie, la Russie a pour sa part défendu la retenue de la police à Kiev et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé «le rôle de pyromane» joué par l'OSCE qui, selon lui, avait par avance mis en cause la légitimité du scrutin de dimanche.


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